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Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes


Jeudi 29 Décembre 2016 - écrit par Boris Alexandre Spasov


"Là où il y a une volonté il y a un chemin", Churchill



Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
La Polynésie française, constituée de cinq archipels, est devenue une collectivité autonome de la République française. Les dernières revendications, notamment celles de l’archipel des Marquises, font réagir certains politiques qui proposent "Les États fédérés de la Polynésie".
Au début était le droit des peuples. Ce droit est un peu passé à la trappe, au profit des droits de l’homme au sens traditionnel du terme. Les droits des peuples doivent passer avant les droits de l’homme, sinon les droits de l’homme ne peuvent pas se développer.
Malgré cela, ce sont les droits de l’homme qui ont d’abord été consignés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.
Bien plus tard, la charte des Nations unies précise la notion de souveraineté des États et, dans un autre registre, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ces deux textes ont, sur le papier, la même valeur juridique et pourtant ils sont diamétralement opposés. Ce nouveau concept alimente un désordre supplémentaire.
Mais, au fait, qu’est-ce que le peuple ?
Le professeur Hector Gros Espiell, juriste international, a rendu un travail sur le concept d’autodétermination des peuples à la demande de l’ONU.
Ce professeur est parti de l’idée que le peuple est une forme particulière de communautés humaines, unies par la confiance et la volonté de constituer une entité capable d’agir en vue d’un avenir commun. Ce rapport estampillé par l’ONU est devenu un peu sa définition.
Au vu de la situation mondiale, l’ONU ne sait pas ce qu’est le peuple conceptuellement parlant. Elle ne le sait pas, probablement parce qu’elle ne veut pas le savoir, car il y a beaucoup de revendications dans le monde qui s’ajouteraient aux revendications actuelles et qui alimenteraient un désordre supplémentaire. Autrement dit, ce concept est considéré comme extrêmement dangereux ! L’ONU est donc "condamnée" à écouter les revendications sans pourtant y apporter des solutions satisfaisantes.
L’ONU ne sait pas ce qu’est un peuple en général, mais par contre sait qu’il y a trois catégories de peuples en particulier. Donc elle sait ce qu’est "un peuple colonisé", "un peuple soumis à l’apartheid" et ce qu’est "un peuple soumis à une domination étrangère". Autour de ce concept de "peuple", une multitude de droits sont attachés qui vont générer un peu d’agitation :
Le droit de souveraineté dont l’axe s’articule autour de l’autodétermination et va prendre diverses colorations : politiques, économiques, sociales, culturelles.
Le droit politique : c’est le droit pour un peuple de choisir le statut sous lequel il veut vivre ; l’autodétermination ou l’indépendance, avec leurs variantes.
Le droit culturel : notamment le débat à propos des langues.
Le droit économique : l’indépendance ou l’autodétermination ne remplissent pas les estomacs. L’ONU, à cet effet, a voté la résolution du 14 décembre 1962 qui s’intitule : "Souveraineté permanente sur les ressources naturelles", c'est-à-dire les ressources en matières premières et les ressources de la mer.
Les droits sociaux : le peuple définit le système social dans lequel il veut évoluer (Caisse de prévoyance sociale de Polynésie française).
Le droit de solidarité : dont découle le droit au développement, le droit à la paix et à la sécurité, le droit à la communication, le droit au respect de l’environnement, le droit de manger à sa faim.
De mémoire, dans le monde, environ 4 000 peuples constituent plus ou moins 200 États. Or, beaucoup de ces peuples veulent se séparer de l’État avec ce reproche récurrent : "L’impression d’être abandonnés par les élus au profit d'autres minorités ou des multinationales". L’État a, semble-t-il, oublié qu’il était au service de ses citoyens.
Les nouvelles revendications au droit à l’autodétermination : dans la situation mondiale actuelle, il ne sera pas simple de les prendre en compte en raison d’une multitude de demandes et du souci de protéger ainsi la souveraineté des États. N’oublions pas que 60% des frontières actuelles ont été tracées par l’Angleterre et la France...
Le développement du droit économique doit être le socle et la priorité. Parler du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est plus facile quand les estomacs sont pleins. Là, il y a un travail politique conséquent à fournir. L’exemple de la Polynésie française est un cas d’école. Pour quelle(s) raison(s) y a-t-il 800 000 touristes aux Fidji, 400 000 aux Îles Cook et seulement 180 000 en Polynésie française ? La même question se pose, d'ailleurs, pour la Nouvelle-Calédonie.


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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT