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Le patron Australien de Westpac démissionne après un scandale de blanchiment


Vendredi 29 Novembre 2019 - écrit par Agence France-Presse




La banque australienne Westpac, l’une des quatre plus importantes du pays, a annoncé la démission de son directeur général Brian Hartzer, après que le régulateur a accusé la banque de violations des lois antiblanchiment à hauteur de plus de 7 milliards de dollars. "En tant que directeur général, j’accepte le fait d’être au bout du compte placé face à mes responsabilités pour tout ce qui se passe au sein de la banque", a déclaré M. Hartzer, cité dans un communiqué. "Et il est clair que nous avons été bien loin de ce que tous attendent de nous, et de ce que nous attendons de nous-mêmes", a-t-il ajouté.
Le président Lindsay Maxsted quittera la banque "au premier semestre 2020" et un vétéran du conseil d’administration, Ewen Crouch, ne briguera pas la réélection le mois prochain, a ajouté la banque, qui va se doter d’une nouvelle équipe de direction pour gérer les retombées du scandale. L’actuel directeur financier Peter King prendra la charge de directeur général le 2 décembre, par intérim, le temps de recruter un nouveau patron. Le service australien de renseignement financier Austrac a annoncé la semaine dernière avoir engagé des poursuites judiciaires contre l’établissement bancaire qui, selon lui, a omis de déclarer plus de 19,5 millions de transferts de fonds internationaux, dont des "transactions à haut risque" avec les Philippines et des pays d’Asie du Sud-Est, potentiellement liées à l’exploitation d’enfants. 
"Le bureau reconnaît la gravité des faits relevés par Austrac", a déclaré M. Maxsted dans un communiqué annonçant les changements. "Il est devenu évident qu’un changement de bureau et de direction était dans l’intérêt de la banque". Le secteur financier australien et son "Big Four" (Commonwealth, NAB, ANZ et Westpac) ont vu leur réputation ternie par des scandales en série ces dernières années, notamment la publication en février d’une enquête épinglant les mauvaises pratiques du secteur financier du pays. Le régulateur avait dénoncé des facturations abusives de services, à des clients morts par exemple, ou encore des méthodes de vente agressives de produits financiers mal adaptés aux clients.

Source : Agence France-Presse

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Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état

Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

Cette disposition, qui avait été actée en séance le 3 mars dernier, mais dont la transmission avait été retardée en raison de la crise sanitaire, est ainsi un “cavalier législatif” qui rend applicable le seuil d’1 millisievert à tous les dossiers de demandes d’indemnisation. Autrement dit, c’est un retour à l’amendement scélérat dit “Tetuanui” tant décrié ! Tel un poignard planté dans le dos, ce “coup de Trafalgar” a été, de surcroît, manigancé depuis les hautes sphères parisiennes en l’absence des parlementaires polynésiens ! Une manière
cavalière de mener le bras de fer qui a indigné, par exemple, Moetai Brotherson, député polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira. Et d’interpeller l’État français : “Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ?” Dans une longue interview accordée à Tahiti Pacifique, il fustige le gouvernement central et évoque “une frilosité maladive à vouloir indemniser de façon respectable les victimes de ces essais” (lire pages 18 à 21). Les associations locales de défense, 193 et Moruroa e Tatou, représentées par Père Auguste et Hiro Tefaarere, tirent également à boulet rouge sur l’État et rejettent désormais à l’unisson le projet de Centre de mémoire. Dans les réactions que nous avons recueillies (lire pages 22-23), la notion de “crime contre l’humanité” est omniprésente et l’on connaît tous le coupable, bien qu’il n’ait toujours pas présenté ses excuses au peuple polynésien...

Enfin, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois, au fil d’un entretien riche en anecdotes (lire pages 24 à 27). Vous l’aurez compris, c’est un numéro “collector” que nous vous proposons, avec une édition spéciale de
16 pages consacrées à ce douloureux sujet en Polynésie. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la Métropole, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour ? Aujourd’hui, nous avons un rêve : que cette question explosive soit gérée localement par “des hommes, de vrais hommes, avec des *** dans la culotte”, pour reprendre l’expression récente du président du Pays. Et puis, si d’aventure Emmanuel Macron se décidait à venir nous rendre visite un jour, nous aimerions lui dire : “Eh, Manu, tu redescends et tu dépollues ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt