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Le spectacle vivant au fenua en plein essor


Vendredi 21 Février 2020 - écrit par Vaea Deplat


Depuis cinq ans, le public polynésien peut constater une effervescence dans le monde du spectacle vivant au fenua. Théâtre, stand-up, one wo(man) show, impro, chacune dans leur catégorie, les initiatives et propositions scéniques donnent de la voix. Alors que la Compagnie du Caméléon lance la deuxième édition du Festival Te Vevo - Le monde en écho, du 26 février au 15 mars, et s’apprête à dévoiler le reste de sa programmation pour 2020, quelle est la démarche d’ouverture vers tous les publics des différents acteurs du 6e Art du fenua ?



Crédit photo : DR
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La Compagnie du Caméléon Tahiti pour les pièces d’auteur, PACL Events Rideau rouge Tahiti plutôt pour des blockbusters comédie, les compagnies ChanPaGne pour des réadaptations théâtrales à visée pédagogique et Didascalies avec vaudevilles et boulevards, on peut décidément dire sans se tromper qu’à Tahiti ces dernières années, il y a du choix ! Tous avec leurs univers, ces compagnies théâtrales et ces boîtes de production dessinent et colorent depuis cinq ans le paysage du spectacle vivant en Polynésie française et on peut s’en réjouir. Mais qu’en est-il de sa réception par le public ? Les programmations scéniques arrivent-elles à toucher un public local souvent réputé pour être distant de ce genre d’événements ? D’autres disciplines proches par la pratique de la scène comme le théâtre d’impro ou le stand-up ne contribuent-ils pas à remplir nos trop rares salles de spectacle ? Ont-ils un rôle à jouer au cœur du spectacle vivant ici au fenua ? Comment faire du théâtre aujourd’hui en Polynésie française ?

Du 26 février au 15 mars prochain a lieu la deuxième édition du Festival Te Vevo à l’initiative de la Compagnie du Caméléon, leader du spectacle vivant au fenua. Pour ceux qui comptabilisent 750 représentations pour 95 spectacles à leur actif, avec un public de 183 000 spectateurs touchés dont 24 000 scolaires, "l’objectif de ce festival est d’apporter un éclairage alternatif sur des thèmes de société à fort impact en Polynésie française", autrement que dans le reste de sa programmation annuelle. Si la ligne directrice reste le théâtre, force est de constater que "l’Association du Caméléon s’inscrit depuis plusieurs années dans une démarche d’ouverture vers un public différent et moins averti", précisent les organisateurs.

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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT