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Les archives de Tahiti Pacifique : Du ’uru au “Big Mac” (partie ¼)


Vendredi 10 Septembre 2021 - écrit par Christophe Serra Mallol


Une thèse d’anthropologie, “Changement social et traditions alimentaires, une socio-anthropologie de l’alimentation à Tahiti”, étudie l’évolution de l’alimentation chez les Tahitiens depuis leur premier contact avec les Européens au XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, et ses conséquences en matière sociale, économique, symbolique et de santé. L’alimentation n’est pas seulement un acte biologique vital. Elle revêt également une signification sociale, économique, symbolique... et les changements de l’environnement d’un groupe social l’affecte à des degrés divers. Nous nous proposons ici de nous intéresser aux changements provoqués dans les pratiques alimentaires des Tahitiens du fait du contact avec les Européens depuis 1767.
Christophe Serra Mallol, son auteur, nous l’explique au travers d’une série d’articles consacrés aux mutations alimentaires intervenues. Ce premier volet est consacré aux changements introduits par le contact avec les premiers navigateurs européens. Suivront d’autres articles, l’un sur les effets de la christianisation de la société tahitienne, un autre sur l’impact de la colonisation de Tahiti après l’instauration du Protectorat, pour conclure avec le bouleversement en matière alimentaire qu’a apporté la “corne d’abondance” matérielle déversée par l’installation du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) dans nos îles.



1re partie : les premiers contacts avec les Européens

Un des premiers changements touche la circulation des aliments au sein des communautés tahitiennes, puisque l’arrivée de nombreux navires européens, en nécessitant un avitaillement, perturbe cette circulation alimentaire autrefois “fermée” sur la communauté. Les “sujets” donnaient à leurs chefs, lesquels leur rendaient sous forme de repas cérémoniels ou sous forme de stock de “pénurie”.
Le premier souci des marins après une longue période de privations en mer depuis l’escale précédente du détroit de Magellan était de disposer d’eau et de vivres frais. Comme le montre notamment le Journal de James Cook, l’alimentation primait sur tout le reste, “rien n’excitant plus la curiosité des hommes qu’un cochon rôti et des fruits de l’arbre à pain”. (Morrison). Cook (illustrations page ci-contre) constate ainsi une semaine après son arrivée à Tahiti lors de son second voyage que les fruits qu’ils reçurent en dons contribuèrent beaucoup au rétablissement rapide des malades du Adventure. Le réapprovisionnement est vital et Cook tire conséquence des expériences des visiteurs passés, notamment de l’anglais Wallis...

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Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.