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Liberté, Égalité réelle, Fraternité



La devise de la république française "Liberté, Égalité Fraternité", ne serait-elle pas mise à mal par le concept d'une égalité réelle ? Que faut-il en déduire ? L'égalité ne serait-elle pas la même au sein d'une République qui se veut une et indivisible ? Parler d'égalité réelle c'est en tout cas implicitement reconnaître que nous ne sommes pas tous égaux... Ou en tout cas qu’il existe plusieurs degrés d’égalité, ce qui laisse songeur tout en nous faisant repenser au sketch de Coluche : "Dieu a dit, il y aura des hommes blancs, des hommes noirs, il y aura des hommes grands, des hommes petits. Il y aura des hommes beaux, des hommes moches et tous seront égaux, mais ça sera pas facile."
La République française ne serait donc égalitaire que dans sa plus simple figure géométrique, l'hexagone. Pour le reste, les petits bouts difformes éclatés sur le globe, l'égalité doit attendre. Ces bouts de France, souvent très (trop) dépendants des expédients de la métropole n'ont eu de cesse de réclamer toujours plus de "moni". Mais ce que la France a bien essayé de faire durant sa période glorieuse, elle ne le peut plus en ces temps de disette. Victorin Lurel, puis George Pau-Langevin, le temps de leur passage au ministère de l'Outre-mer, ont voulu apporter un peu plus d'égalité, une consultation publique a été ouverte pour prendre la température et donner l'impression que chacun pouvait participer au débat des citoyens ultramarins. Une initiative qui n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux pour beaucoup car c'est finalement aux représentants de chaque département et collectivité qu'a échu la responsabilité de défendre au mieux ses propres intérêts dans ce projet de loi de programmation relatif à l'égalité réelle outre-mer portant des dispositions en matière sociale et économique.
Aux demandes d'aides ayant toujours un coût, il a été le plus souvent répondu que des études étaient nécessaires. Un bon moyen de botter en touche, de gagner du temps (on parle d’un plan de convergence de 10/20 ans) tout en ayant donné l'impression d'être à l'écoute. La Polynésie française n'a pas fait exception à la règle et les amendements déposés par les deux députés ayant pris la parole (Jonas Tahuaitu avait certainement mieux à faire) ont le plus souvent été retirés, le statut du territoire étant visiblement un frein à toute avancée qui aurait bénéficié directement au portefeuille des Polynésiens (ex : "Contribution au service public de l’électricité"). Ce projet de loi adopté mardi laisse un goût d’inachevé, à se demander si tout ceci n’était pas qu’une belle opération de communication à quelques mois de l'élection présidentielle. Il faudra donc s'en remettre aux commissions budgétaires de l'Outre-mer des prochaines semaines et aux "Accords de Papeete" pour que l'on pense à gommer quelques inégalités.
 
 
 
Luc ollivier

Samedi 15 Octobre 2016 - écrit par --


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Vendredi 25 Novembre 2016 - 20:37 À qui le tour ?


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Médecine moderne pour les corps, mais pas encore pour l'économie

Ah, depuis que je suis à Tahiti (depuis 42 ans), je suis passé pour la première fois au "nouvel" hôpital, le Centre hospitalier du Taaone, pour quelques examens qui ont nécessité deux courts séjours. Et oui, je dois l’avouer, j’ai été impressionné !
Pas seulement par la modernité de l’équipement médical et électronique, mais aussi par le peu d’obstacles bureaucratiques (une fois qu’on a compris le système) pour accéder aux différents services et, surtout, par un personnel médical et de soins qui – étrangement – m’a replongé dans la gentillesse et le respect mutuel du Tahiti d’il y a 30 ans : de la ménagère au médecin chef, tous ont été charmants, faisant leur métier dans la bonne humeur, avec professionnalisme et un sourire quasi permanent.
On ressentait vraiment un esprit d’équipes unies qui éprouvaient un plaisir à se rendre à leur travail chaque jour, et cela à tous les échelons.
Ce plaisir à effectuer son métier est bien le plus important lorsqu’on choisit une profession (ou qu’elle vous choisit !)
Ah ! Quelle différence avec mon précédent passage à un hôpital que je me dois de vous conter, juste pour l’anecdote : c’était en 1962, j’avais 18 ans et avais alors vécu pendant neuf mois à Paris. Travaillant comme "ripeur" aux vieilles Halles, jeune, beau gosse musclé et entouré par nombre de "belles de nuit", j’avais choppé deux fois cette honte qu’on appelait alors la "chaude-pisse". Pour cela, il fallait aller à l’Hôtel-Dieu (construit sous Louis XV) où l'on soignait aux sulfamides, les antibiotiques étant alors encore un grand luxe.
Ah, que les hôpitaux ont changé depuis et, surtout, quel luxe d’avoir à Tahiti tous ces spécialistes et ces équipements (scanners, etc.) de la médecine moderne. Il faut rendre à César ce qui est à César et féliciter Gaston Flosse pour avoir pris l’initiative de créer ce centre hospitalier au milieu du Pacifique, même s’il a coûté le double de son devis, ce à quoi on pouvait s’attendre, spécificités de notre fenua obligent.
À part cela, il ne se saura rien passé de grandiose ces deux dernières semaines à Tahiti : quelques poses de premières pierres (même une chapelle !) avec l’habituel tralala médiatique. Mais malgré tous ces investisseurs potentiels chinois ou américains qui passent et s’enthousiasment, hélas pas un ne s’engage vraiment pour un nouveau grand projet. La réponse à ce problème se trouve peut-être dans l’explication de Bill Ravel, en page 14.
En vous souhaitant d’heureuses et prospères fêtes, tout en vous remerciant pour votre fidélité.

Alex W. du Prel