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Néobus : Une société de BTP et ses cogérants condamnés


Vendredi 11 Janvier 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Pour des manquements à la sécurité sur des chantiers du Néobus et de la mairie, en juin, les responsables d’une société de travaux ont écopé de peines d’amende par le tribunal correctionnel.
Une société de BTP a été poursuivie dans une affaire de graves négligences aux règles de sécurité sur deux chantiers, à Nouméa, en juin dernier.
Ses deux cogérants ont été sommés de s’expliquer devant les juges du tribunal correctionnel car, s’il n’y a pas eu mort d’homme, les manquements à la sécurité étaient si graves qu’ils auraient pu conduire à un drame.
La première histoire remonte au 21 juin dernier, rue Édouard-Unger, à la Vallée-du-Tir. L’entreprise de BTP a commencé des travaux d’assainissement sur le chantier du Néobus. Un inspecteur du travail constate ce jour-là que les tranchées ne sont pas sécurisées et qu’un ouvrier y travaille à deux mètres de profondeur. "Une nappe d’eau était visible au fond de la tranchée. Il y avait un risque évident d’éboulement, compte tenu, notamment, de la friabilité du sol", observe le président du tribunal, Thierry Lefèvre. L’inspecteur s’empresse de constater les négligences. En particulier, l’absence de "blindage des parois" qui exposait les ouvriers à "un risque réel d’accident". La direction du travail et de l’emploi interrompt l’avancée des travaux.
L’entreprise familiale de BTP est alors dans le viseur de l’inspection. D’autant plus que ce n’est pas la première fois qu’elle est avertie.
À la barre, les deux cogérants minimisent les faits et leur implication. "On n’était pas sur les chantiers", disent-ils. L’un d’eux est déjà connu, puisqu’il a été condamné il y a huit ans pour corruption active d’un agent public et trafic d’influence. "Les règles de sécurité doivent être rigoureusement respectées, elles sont faites pour la sécurité des employés", rappelle le parquet. Les cogérants hochent la tête. Ils font mine d’avoir compris la leçon.
Le tribunal les condamne finalement à des peines d’amende. Les patrons devront s’acquitter de 100 000 francs chacun et la société de 500 000 francs.


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Confiture et déconfitures…

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Le landerneau polynésien a été agité ces dernières semaines. D'abord, on a appris que l'affaire JPK faisait de nouveaux remous et remontait à la surface plus de 21 ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, avec la garde à vue, puis la mise en examen pour "meurtre" de l'ex-compagne et de l'ami du journaliste, Miri Tatarata et Francis Stein, respectivement directrice de l'Environnement et directeur adjoint du Service de la culture et du patrimoine. L'occasion pour Tahiti Pacifique de se replonger dans ses archives et de rappeler comment la politique peut peser sur la justice (lire page 38). C'est valable encore aujourd'hui avec, comme piqûre de rappel, ce nouvel épisode dans l'affaire Te Maru Ata, où des propriétaires "irréductibles" font face depuis plus de vingt ans à l'obstination du promoteur du lotissement, Bill Ravel (lire page 16), qui a bénéficié à plusieurs reprises du soutien politique de Jean-Christophe Bouissou, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, en charge des Transports interinsulaires maritimes et aériens, et porte-parole du gouvernement. Tous deux sont sous le coup d'une mise en examen pour "soupçons de corruption" aux côtés d'Emmanuel Sztejnberg-Martin, ancien responsable de la communication du haut-commissariat.
La même semaine, celle où l'on a célébré l'autonomie du Pays, une salve de condamnations et de mises en examen a ébranlé le fenua. Notre ex-président, Gaston Flosse, et notre actuel président, Édouard Fritch, ont été condamnés dans l'affaire de la citerne d'Erima : le premier a écopé de 2 ans de prison avec sursis, 10 millions de Fcfp d’amende et 3 ans d’inéligibilité ; quant au second, il lui est réclamé 5 millions de Fcfp d’amende et 46,3 millions de Fcfp de dommages et intérêts. Les deux hommes, ancien et actuel maires de Pirae, ont été accusés de "détournement de fonds publics" pour avoir fait supporter aux administrés de Pirae l’adduction en eau au domicile de Gaston Flosse, à Arue, depuis 1989. Ils ont décidé de faire appel de ces décisions. Dans la foulée, trois chefs de service locaux ont été mis en examen : deux pour meurtre (cités plus haut) et un pour proxénétisme de mineurs de moins de 15 ans (il sera jugé en comparution immédiate le 18 juillet, aux côtés de deux chefs d'entreprise et d'un pharmacien). Peu de temps auparavant, le maire de Papara et représentant à l'assemblée de la Polynésie française, Putai Taae, a été, lui aussi, condamné pour "prise illégale d'intérêts et recel d'abus de confiance" pour avoir versé des subventions à l’association Ia Ora Papara, dont il était le président d’honneur. L'affaire Haddad-Flosse, elle, a été renvoyée en septembre, pour la quatrième fois en quinze mois.
Au vu du nombre d'hommes politiques ou de responsables corrompus à Tahiti et dans les îles, on devrait lancer un concours : celui qui trempe le mieux le doigt dans la confiture ! D'ailleurs, souvent, ce n'est plus le doigt, mais le bras entier qui plonge dans le pot… Par contre, côté projets, le gouvernement collectionne les déconfitures, à l'instar du Village tahitien. Ainsi, malgré deux reports de date (le 22 mars et le 6 mai 2019), les investisseurs maoris et le Samoan Frederick Grey n'ont pas concrétisé leur offre. Le groupement Kaitiaki Tagaloa avait pourtant été déclaré lauréat le 13 avril 2018 des six lots d’hébergements touristiques de l'appel à projets sur les seize lots que constitue le projet global et avait signé le 17 août suivant le protocole d’engagement avec TNAD. Le délai ayant expiré, deux prolongations de 45 jours leur ont été accordées jusqu'à la date butoir du 30 juin dernier. Désormais, on attend le plan B de  la Vice-présidence, en charge de la supervision de ce grand projet d'investissement, qui a déjà coûté la bagatelle de 700 millions de Fcfp de frais d'études. On guette aussi des nouvelles de la ferme aquacole de Hao, dont on a fêté, le 6 mai dernier, le quatrième anniversaire de la première pierre inaugurale…

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt