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Nouvelle-Calédonie : elle vient au Tribunal pour une dent cassée et repart avec une amende à payer


Vendredi 28 Décembre 2018 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Les faits remontent au 2 décembre, lorsqu’un professeur de collège, métropolitain, s’offre un week-end de windsurf dans la réserve naturelle de Ouano, sur l’îlot Konduyo. Installé, il compte se coucher tôt pour profiter d’une nouvelle journée de glisse avec un de ses amis.
Mais un groupe de trois personnes débarque. Des habitués des lieux. Des locaux. Qui n’hésitent pas à vider quelques verres de whisky et à mettre de la musique. Tout cela à seulement
7 mètres du campement des deux windsurfeurs. Un premier échange a lieu. Et Thierry*, décide de prendre l’enceinte et de l’éteindre avant d’aller se recoucher. Mireille*, 20 ans et un peu éméchée, est ulcérée de se voir donner des ordres. Les insultes fusent tandis que l’homme retourne se coucher. "Pour qui tu te prends en… de Zoreille ! On est chez nous, je vais crever ton bateau… Bâtard." La jeune femme ne décolère pas. Au contraire, elle attend que ses amis, fatigués de son attitude, aillent se coucher.
Elle décide alors de remettre la musique encore plus fort. Puis d’attendre que celui qui a osé s’installer sur "son spot" réagisse. Thierry se relève, puis demande à son collègue s’il doit y retourner.
À 3 heures du matin et après avoir patienté 30 minutes, il décide de retenter le coup. C’est à ce moment-là que les versions sont différentes. D’un côté, le professeur de collège de Nouméa, âgé de 35 ans, affirme avoir reçu des coups de grille de barbecue sur le bras et à la pommette, une attestation médicale en atteste, puis en tentant de se défendre, l’avoir fait chuter. Résultat, un nez cassé ! De l’autre, la jeune femme explique avoir directement reçu un coup de poing en plein visage, puis un autre lui ayant cassé une dent. Chacun reste sur ses déclarations.
Le tribunal n’attend pas très longtemps pour rendre sa décision. L’homme est relaxé. La jeune femme, elle, devra payer 12 000 francs pour les nuisances sonores sur un espace naturel protégé.
Source : Les Nouvelles Calédoniennes


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De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier