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Nouvelle-Calédonie : gros couac sur la première livraison du minerai de la SMSP en Chine


Vendredi 2 Novembre 2018 - écrit par Communauté du Pacifique Sud




Décidée par le patron de la société chinoise partenaire, la vente d’une partie du minerai calédonien à l’arrivée à "une usine locale" autre a entraîné la suspension du contrat par la SMSP.
Une vraie erreur. "Un dérapage de leur part", soutient André Dang, P-dg de la SMSP. "Nous ne pouvons pas accepter cela." La première rotation dans le cadre du partenariat en construction entre le mineur calédonien et la société chinoise Yangzhou Yichuan Nickel Industry ne s’est pas passée comme prévu. Le contrat est suspendu.
Le minéralier Kiran Caribbean était en chargement, en baie de Téoudié, à Kaala-Gomen, mi-juillet. Direction l’"Empire du Milieu", une fois les cales du navire pleines, et plus particulièrement, le quai de Yangzhou. Ce port peut accueillir, en raison de sa profondeur, des bateaux d’une capacité de 45 000 tonnes maximum. Or, le Kiran Caribbean a avoisiné les 62 500 tonnes. Souci. Un volume de 16 006 tonnes a dès lors été déchargé dans un site portuaire situé plus en amont afin que le minéralier puisse poursuivre sa route jusqu’au terminus, en l’occurrence, les infrastructures de l’usine.
Le hic, d’après les informations fournies : le coût du transport par camions des 16 006 tonnes jusqu’au complexe métallurgique fut jugé excessif. Plus de 200 000 dollars US. Le patron de la société Yangzhou Yichuan Nickel Industry, Jianguo Zhang, a alors pris la décision, sans en informer apparemment la SMSP, de vendre au prix d’achat ce stock de minerai à "une usine locale".
Les dirigeants chinois "ont reconnu leur erreur. Ils s’en excusent", rapporte André Dang. "Ils sont les premiers à vouloir continuer ce partenariat", aujourd’hui placé de fait entre parenthèses. Le rythme souhaité d’un bateau en chargement par mois est cassé. Après le coup de froid, les discussions auraient repris.

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La Calédonie à qui perd gagne ?

Des vainqueurs qui restent sur leur faim, des vaincus plein d’espoir, le résultat du référendum d’autodétermination calédonien du dimanche 4 novembre n’a pas manqué d’afficher des sentiments opposés et même paradoxaux.
La victoire annoncée avant l’heure du "non" à la pleine souveraineté s’est avérée exacte, mais dans des proportions bien moindres que celles que laissaient escompter les sondages ou les dernières élections provinciales. Le deux-tiers/un-tiers s’est transformé en un 56,4/43,6 qui a surpris les observateurs, les électeurs et les responsables des partis politiques locaux.
La Nouvelle-Calédonie a donc affirmé son attachement à la France, mais pas d’une façon massive ; et la carte des régions pro et anti-métropole n’a que très peu bougé depuis la date des premiers accords en 1988. Un autre scrutin devenu incontestable en 2020 en raison du "faible" écart entre les opposants, puis peut-être encore un autre en 2022, vont plonger ce territoire dans un attentisme économique dont il aurait bien aimé se passer. Deux ou quatre ans, c’est peu pour faire basculer une majorité, mais suffisant pour faire tourner une économie au ralenti.
Ces résultats n’ont pas manqué de faire réagir le Tavini Huiraatira qui n’a pu s’empêcher de faire un parallèle avec la Polynésie française. Après des démêlés avec la justice "coloniale" et un tour de l’île en mémoire du leader autonomiste Pouvana'a a Oopa enfin réhabilité par cette même justice, Oscar Temaru demande à ce qu’un tel référendum soit organisé. Le leader bleu l’a souvent martelé, tout comme Moetai Brotherson : un vote pour l’indépendance n’a rien de comparable avec un vote pour les territoriales ; il ne faut pas se fier aux résultats de l’un pour estimer l’autre. Le résultat calédonien lui a donné raison. Voilà qui ne manquera pas de lui donner encore plus d’ardeur sur les bancs de la 4e commission de l’ONU.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier