“Le mensonge fait partie de l’héritage des essais nucléaires depuis le premier jour”, écrivent le journaliste Tomas Statius et le scientifique Sébastien Philippe dans le livre Toxique, qui a fait l’effet d’une bombe à sa sortie, le 10 mars dernier. L’ouvrage jette un nouveau pavé dans la mare du nucléaire déjà bien souillée par des années de mensonges de l’État, cachés sous le sceau du “Secret Défense”. Ce qu’il semble donner d’une main, il le reprend de l’autre : une politique bipolaire pour ne pas dire schizophrène, dont le Pays semble se faire complice et qui met davantage de l’huile sur le feu d’un sujet explosif en Polynésie ! Après l’intox, place à l’infox, vous savez ce terme équivalent en français de l’expression “fake news”, formé sur “information” et “intoxication”… Clairement, il s’agit d’une “fausse nouvelle”, qui n’est pas une simple erreur mais bien une manipulation des masses, avec parfois l’intention de nuire ou de taire la vérité.
Rassurez-vous, nous ne sommes pas “complotistes”, loin s’en faut, mais les mensonges ont duré trop longtemps. De Gaulle a menti au peuple polynésien pour servir les intérêts de la France. Ses successeurs, aussi. Que dire de Gaston Flosse, connu pour mentir comme un arracheur de dents, avec son “Si j’avais su”, lui qui a été à la botte de Chichi pendant de longues années ? Quel crédit accorder à notre président actuel Édouard Fritch, qui avoue avoir “fait partie de cette bande et menti pendant trente ans”, mais nous cache avoir eu entre les mains un document déclassifié révélant un lien direct entre les essais nucléaires et l’importance du nombre de cancers dans la population ? Pire, en fouillant dans nos archives, on découvre que la presse locale a également brillé par son mutisme à cette époque !
Seul un irréductible, Alex du Prel, fondateur de Tahiti Pacifique, disparu il y a maintenant quatre ans, écrivait déjà en juillet 1995 : “Nous sommes en train d’assister dans l’entourage du Président (Jacques Chirac, ndlri[) au retour au pouvoir des « purs et durs » de la raison d’État [à Tahiti], les mêmes qui avaient réussi, par presse interposée, à faire croire jadis aux populations de nos îles que les retombées des essais aériens étaient bonnes pour leur santé]i.” En septembre de la même année, du Prel enfonçait le clou : “RFO est censuré, tout comme les quotidiens, dociles, se censurent. Le président Flosse ne permet pas à l’Assemblée territoriale de débattre du nucléaire, toute émission de télévision décrivant les effets du nucléaire est coupée sans préavis des programmes ou reléguée à minuit, alors que celles projetant une image favorable bouscule le film de 20 heures. Un ministre des Tonga en visite a droit à trois photos en un jour dans les quotidiens Hersant (La Dépêche de Tahiti et Les Nouvelles de Tahiti, ndlr), alors que les députés luxembourgeois, japonais ou américains venus protester contre les essais nucléaires sont ignorés. La désinformation va bon train, tel le ministre de Peretti qui nous explique que la faune des sites « va subir 7 ou 8 petits tremblements de terre », alors que la réalité est bien plus radicale. Lisez nos pages sur Fangataufa…”.
L’annonce récente de Macron d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971 est une première victoire, mais le combat pour la transparence doit se poursuivre. Au nom de la liberté de la presse et du droit du peuple polynésien de connaître la vérité, TPM continuera à dénoncer nos pantins de politiques, ces Pinocchio qui mentent ouvertement, sans scrupule. Vont-ils, comme le veut la morale dans le conte de Carlo Collodi, se transformer également en ânes ?
Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Rassurez-vous, nous ne sommes pas “complotistes”, loin s’en faut, mais les mensonges ont duré trop longtemps. De Gaulle a menti au peuple polynésien pour servir les intérêts de la France. Ses successeurs, aussi. Que dire de Gaston Flosse, connu pour mentir comme un arracheur de dents, avec son “Si j’avais su”, lui qui a été à la botte de Chichi pendant de longues années ? Quel crédit accorder à notre président actuel Édouard Fritch, qui avoue avoir “fait partie de cette bande et menti pendant trente ans”, mais nous cache avoir eu entre les mains un document déclassifié révélant un lien direct entre les essais nucléaires et l’importance du nombre de cancers dans la population ? Pire, en fouillant dans nos archives, on découvre que la presse locale a également brillé par son mutisme à cette époque !
Seul un irréductible, Alex du Prel, fondateur de Tahiti Pacifique, disparu il y a maintenant quatre ans, écrivait déjà en juillet 1995 : “Nous sommes en train d’assister dans l’entourage du Président (Jacques Chirac, ndlri[) au retour au pouvoir des « purs et durs » de la raison d’État [à Tahiti], les mêmes qui avaient réussi, par presse interposée, à faire croire jadis aux populations de nos îles que les retombées des essais aériens étaient bonnes pour leur santé]i.” En septembre de la même année, du Prel enfonçait le clou : “RFO est censuré, tout comme les quotidiens, dociles, se censurent. Le président Flosse ne permet pas à l’Assemblée territoriale de débattre du nucléaire, toute émission de télévision décrivant les effets du nucléaire est coupée sans préavis des programmes ou reléguée à minuit, alors que celles projetant une image favorable bouscule le film de 20 heures. Un ministre des Tonga en visite a droit à trois photos en un jour dans les quotidiens Hersant (La Dépêche de Tahiti et Les Nouvelles de Tahiti, ndlr), alors que les députés luxembourgeois, japonais ou américains venus protester contre les essais nucléaires sont ignorés. La désinformation va bon train, tel le ministre de Peretti qui nous explique que la faune des sites « va subir 7 ou 8 petits tremblements de terre », alors que la réalité est bien plus radicale. Lisez nos pages sur Fangataufa…”.
L’annonce récente de Macron d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971 est une première victoire, mais le combat pour la transparence doit se poursuivre. Au nom de la liberté de la presse et du droit du peuple polynésien de connaître la vérité, TPM continuera à dénoncer nos pantins de politiques, ces Pinocchio qui mentent ouvertement, sans scrupule. Vont-ils, comme le veut la morale dans le conte de Carlo Collodi, se transformer également en ânes ?
Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.

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