Menu

Pêche industrielle : "Mythiques Marquises" pacte avec "l'enfer"


Vendredi 6 Octobre 2017 - écrit par Boris Alexandre Spasov


"Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l'argent ne se mange pas." Geronimo



Ce bonitier pourrait bientôt être rejoint par des thoniers.
Ce bonitier pourrait bientôt être rejoint par des thoniers.
En Polynésie française, comme dans le monde, les citoyens ou "parc humain" sont soumis à la politique et à ses cortèges de croyances, aux solutions autoritaires, à la "tyrannie du consensus" qui nous plongent parfois dans une réflexion dubitative et philosophique. Le poids médiatique, l'inflation de l'image, le droit à la justice, les revendications des victimes, l'aliénation au virtuel, les addictions de tous ordres et les diktats de l'économie nous plongent dans une espèce de perversion que l'on présente aujourd'hui comme une normalité. (Bon j'exagère !) Même si nous avons créé un monde qui se détruit, inversement nous conservons un immense pouvoir créateur, du moins je l'espère.
Voici que les Marquises, à leur tour, sont touchées par cette vague d'encéphalopathie spongiforme par le biais du dossier de l'industrialisation de la pêche. Au vu des éléments, il existe une trame et des interrogations peut-être "métaphysiques" sur l'irrationalité de certains élus à mettre en avant des projets qui, dès le départ, sont souvent dépourvus de sens et de structure dans l'espace polynésien. Comprendre cette approche permet d'aboutir à un semblant de cohésion et à une vision de la politique polynésienne qui paraît en première lecture chaotique et sujette aux railleries.
Le dossier de la pêche et de...

Pour lire l'intégralité de cet Article, commandez Tahiti Pacifique n° 365 en cliquant ICI


Dans la même rubrique
< >

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier