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Nucléaire : encore un prix pour "Bons baisers de Moruroa"

Nucléaire : encore un prix pour "Bons baisers de Moruroa"
Présenté lors du Festival international du film documentaire océanien (Fifo) 2017, le métrage explosif de Larbi Benchiha a reçu le premier prix au Festival international du film de l'uranium à Berlin. Dans Bons baisers de Moruroa, le cinéaste pointe du doigt les conséquences des essais nucléaires dans le Pacifique. Quels sont les impacts sanitaires réels sur les populations présentes lorsque ces tirs ont été effectués à Moruroa et Fangataufa (193 essais, dont 46 aériens) ? C'est une question épineuse à laquelle le réalisateur, un Franco-Algérien né et ayant grandi dans un camp de regroupement en Algérie, s'est évertué à répondre en rencontrant notamment les cofondateurs de l'association Moruroa e Tatou : les regrettés Bruno Barrillot (ancien délégué pour le suivi des conséquences des essais nucléaires) et John Taroanui Doom (interprète du ministre de la France d’Outre-mer, Pierre Billotte, lors du lancement de la première bombe française, sur l’île de Mangareva), mais aussi Roland Oldham (président de l'association Moruroa e Tatou).
Sans détour, des témoins qui ont vécu cette "expérience" racontent leur ignorance des dangers qui les guettaient et les mystères entretenus par leur hiérarchie. Victimes aujourd'hui de diverses pathologies et de malformations génétiques, leur vie a radicalement changé, elle ne sera plus jamais la même. Ce documentaire a également été récompensé, le 3 mars dernier, lors de la 25e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), au Burkina Faso.
DS




LE POLITICO-REALITY SHOW

Comment survivre à l’ombre des grands partis politiques que sont encore le Tapura Huiraatira, le Tahoeraa Huiraatira et le Tavini Huiraatira, alors que se profilent les élections dites territoriales qui servent à élire les représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 Ces élections démocratiques ne laissent effectivement que peu de chances aux petits partis d’arriver à passer le cap du premier tour. Ne leur reste souvent qu’à “monnayer” leurs voix si ces dernières sont en mesure d’apporter la victoire à l’un des trois grands.
L’actuel président de l’assemblée, Marcel Tuihani, démissionnaire du Tahoeraa, a décidé de tenter l’aventure seul, créant en fin d’année dernière son propre parti Te Ora Api O Porinetia. Anciennement UPLD, Tauhiti Nena et Jacky Bryant ont décidé de juxtaposer leurs programmes pour renforcer leurs chances ; tentant même de faire croire au soutien du parti métropolitain La République en Marche
et profiter du tsumani qui a régénéré le paysage politique français. Un tsumani qui ici en raison de l’éloignement géo- graphique, mais surtout des enjeux poli- tiques différents, ne devrait produire que quelques vaguelettes.
Heimana Garbet, le référent d’alors de La République en Marche, attaqué de toutes parts, Marcel Tuihani ayant essayé aussi de lui piquer sa place, a décidé de sortir de son immobilisme en s’associant à l’une des plus improbables alliances politiques que l’on ait vues au Fenua. Un casting de rêve mené par Bruno Sandras, Teiva Manutahi, Clarenntz Vernaudon et Nata- cha Helme. Au premier passage devant le jury à Vaitupa, la sentence fut sans appel : direction la sortie. La quatrième voie était donc sans issue ! Le règlement de compte, les révélations n’ont pas tardé à émerger . Après l’opération survie de Koh Lanta, place à Secret Story.
Voilà à quoi nous en sommes réduits, comparer les élections parmi les plus importantes pour l’avenir de ce pays à des
émissions de téléréalité. Un petit jeu que l’on pourrait dupliquer à bien d’autres pays à commencer par la France. Rap- pelez-vous des primaires de la droite... Mais les comparaisons ne s’arrêtent pas là, puisque le Tavini, plutôt discret jusqu’à présent dans ses prises de parole et ses critiques face au pouvoir en place, a fait le buzz en proposant un casting pour trouver les meilleurs candidats. Une innovation sortie de l’imagination fertile du néo-député Moetai Brotherson qui, s’inspirant lui aussi du président Macron, veut rénover l’offre électorale. Comme dans The Voice ou La Nouvelle Star, les candidats de tous horizons passeront devant un jury qui a fixé son cahier des charges dont l’air est déjà connu. Issus de grands ou petits partis, la Polynésie n’attend qu’une chose, qu’on lui présente d’incroyables talents.
 Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier