Menu

Pour une analyse économique de la vaccination


Vendredi 10 Septembre 2021 - écrit par Florent Venayre


Au sein de la société (polynésienne, mais pas seulement, loin s’en faut), le débat fait rage entre ceux qui sont pro ou anti-vaccin dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Si les échanges observés sont souvent assez peu constructifs, malheureusement, il existe pourtant des éléments factuels qui permettent de dégager les grandes lignes d’une politique publique souhaitable en la matière. Il faut pour cela commencer par poser les bases de ce qu’est un raisonnement scientifique.



Crédit photos : Greg. Boissy
Crédit photos : Greg. Boissy
Par Florent Venayre, professeur de sciences économiques à l’Université de la Polynésie française

La microéconomie est la branche de l’économie qui s’intéresse à l’étude des comportements des acteurs économiques. Son but est d’abord d’analyser les choix des individus et d’en évaluer les impacts sur la collectivité. Ensuite, elle vise à proposer des politiques publiques susceptibles de répondre aux difficultés qui ont, le cas échéant, été identifiées. La démarche scientifique adoptée se décompose donc en deux analyses successives. En premier lieu, il s’agit de décrire la réalité, “ce qui est”. On appelle cela “l’analyse positive”. En second lieu, il s’agit de faire des propositions pour améliorer la situation observée. Cette “analyse normative”, comme elle est qualifiée, vise à décrire “ce qui devrait être”.
L’analyse positive s’abstrait donc de tout jugement de valeur, en se contentant de décrire les choses. En agissant comme un miroir non déformant, elle ne renvoie pas toujours l’image que les agents économiques aimeraient avoir d’eux-mêmes et suscite parfois du rejet. Pour autant, elle permet d’avoir des éléments d’analyse scientifiques sur lesquels fonder ensuite la démarche normative. Cette dernière implique que l’on réintroduise dans le raisonnement une certaine dose de “point de vue”, mais cependant bornée par les garde-fous que constituent les enseignements indiscutables de la démarche positive précédente. Ainsi, l’analyse normative ouvre le champ au débat, même si elle ne peut pas ignorer les enseignements scientifiques de l’analyse positive (sous réserve bien entendu d’une méthodologie correcte). C’est cette utilisation de sources d’informations fiables fournies par l’analyse positive qui permet à l’analyse normative induite de se réclamer – malgré une forme de subjectivité intrinsèque – d’un débat scientifique, constructif et serein. C’est là la clef de son utilité sociale, y compris dans le cadre du débat actuel sur la pandémie...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 460 en cliquant ICI


Dans la même rubrique
< >

Vendredi 10 Septembre 2021 - 11:22 Santé : quelle Direction ?


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel





Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT