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Projet de pêche Hiva Toa : l’opposition se veut constructive


Vendredi 1 Décembre 2017 - écrit par Luc Ollivier


Si économiquement le projet de pêche aux Marquises pour permettre de créer de la richesse et de l’emploi avait tout pour séduire, la mauvaise communication de la Communauté des communes des îles marquises (CODIM) auprès des administrés et le non-respect d’une zone essentielle à la reproduction des thonidés sont à l’origine d’une fronde qui n’oppose pas un non catégorique. Une solution pour sortir de ce conflit est proposée.



Dans les journaux, les magazines, à la radio, à la télévision, reportages et interviews se succèdent à un rythme effréné depuis quelques semaines et la montée en puissance des opposants à un projet de pêche de thonidés à grande échelle aux îles Marquises. Cette opposition, n’oppose pas un non catégorique à toute idée de pêche "industrielle", même si elle ne croit plus aux chants des sirènes de création de 600 emplois. Les habitants des îles concernées, ainsi que le collectif
"A Pakaihi Te Tai Nui A Tu", composé essentiellement de Marquisiens "expatriés" à Tahiti, proposent une solution qui pourrait satisfaire toutes les parties en modifiant la cartographie de la zone de pêche.

Le porte-parole du collectif A Pakaihi Te Tai Nui A Tu, Pierre Tetohu est un homme déterminé dans sa lutte contre le projet de pêche aux Marquises mené par l’armateur Eugène Degage, soutenu par le gouvernement et de manière plus discrète par l’État ; en voici pour preuve l’annonce d’une défiscalisation accordée en date du 7 novembre, ainsi rédigée : ...

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Tous ensemble

"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots”, a déclaré Martin Luther King dans un discours il y a 50 ans. Si en Polynésie, comme d’ailleurs sur l’ensemble de la planète, les humains ont du mal à faire leur cette citation, il n’en demeure pas moins qu’en de rares occasions, les hommes ont la capacité de surmonter leurs différences. Quand il s’agit de politique, par exemple, on n’hésite pas à parler d’unité nationale dès lors que la patrie est en danger ou dans une moindre mesure quand la cause touche tout un peuple.
Vendredi dernier, toute la classe politique locale a salué comme un seul homme la décision de la chambre criminelle de la Cour de cassation qui s’est prononcée via l’avocate générale pour l’annulation de la condamnation de Pouvana’a a Oopa en 1958. Le Metua, dont se revendiquent aujourd’hui tous les grands dirigeants politiques du fenua, devrait être réhabilité lors de la décision qui sera prise le 25 octobre prochain. À Tahiti, chacun s’est félicité de cette avancée qui rapproche un peu plus la collectivité de la Métropole, même si pour cela il aura fallu 60 ans.
L’unité affichée n’aura valu que le temps d’une décision, car voilà que se profilent des dossiers qui ne manqueront pas de raviver les dissensions. La réforme de la PSG mais aussi du Code de travail ne manqueront pas de faire des mécontents. Si la rue l’avait emporté à la veille des élections territoriales, la majorité compte bien sur sa base électorale pour passer ses réformes, en force si besoin. Persuadée sans doute que chacun de ses électeurs s’est prononcé en faveur de chacune des propositions annoncées durant la campagne.
Les réseaux sociaux et la presse hexagonale se sont mobilisés comme rarement derrière une jeune étudiante polynésienne, Ranitea Gobrait, qui malgré un résultat exceptionnel de 20,32/20 au bac s’émouvait de n’avoir pu trouver le moindre débouché universitaire. Les Polynésiens et les médias ont donc soutenu à leur manière l’étudiante au point d’en faire une affaire nationale qui après certaines vérifications ont permis de constater que la bachelière avait refusé cinq propositions…
De l’unité, de la vraie, il faudra quand même en avoir, de façon un peu plus légère, ce dimanche pour soutenir l’équipe de France de football qui jouera sa troisième finale de Coupe du monde. Le temps d’un match, la Polynésie sera derrière les Bleus… ou pas. Elle le sera plus, sûrement, derrière ses rameurs pour les Championnats du monde de va’a qui débutent jeudi prochain.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier