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Projet de pêche Hiva Toa : l’opposition se veut constructive


Vendredi 1 Décembre 2017 - écrit par Luc Ollivier


Si économiquement le projet de pêche aux Marquises pour permettre de créer de la richesse et de l’emploi avait tout pour séduire, la mauvaise communication de la Communauté des communes des îles marquises (CODIM) auprès des administrés et le non-respect d’une zone essentielle à la reproduction des thonidés sont à l’origine d’une fronde qui n’oppose pas un non catégorique. Une solution pour sortir de ce conflit est proposée.



Dans les journaux, les magazines, à la radio, à la télévision, reportages et interviews se succèdent à un rythme effréné depuis quelques semaines et la montée en puissance des opposants à un projet de pêche de thonidés à grande échelle aux îles Marquises. Cette opposition, n’oppose pas un non catégorique à toute idée de pêche "industrielle", même si elle ne croit plus aux chants des sirènes de création de 600 emplois. Les habitants des îles concernées, ainsi que le collectif
"A Pakaihi Te Tai Nui A Tu", composé essentiellement de Marquisiens "expatriés" à Tahiti, proposent une solution qui pourrait satisfaire toutes les parties en modifiant la cartographie de la zone de pêche.

Le porte-parole du collectif A Pakaihi Te Tai Nui A Tu, Pierre Tetohu est un homme déterminé dans sa lutte contre le projet de pêche aux Marquises mené par l’armateur Eugène Degage, soutenu par le gouvernement et de manière plus discrète par l’État ; en voici pour preuve l’annonce d’une défiscalisation accordée en date du 7 novembre, ainsi rédigée : ...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier