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Rapa Nui - Île de Pâques


Vendredi 18 Décembre 2020 - écrit par Pauline Sillinger


À l’extrémité sud-est du Triangle polynésien, dans l’océan Pacifique, se trouve Rapa Nui. L’Île de Pâques, de son nom français, est une source d’émerveillement pour le monde entier. Dans le passé, sa population a largement péri par mauvaise gestion de ses ressources. Aujourd’hui, néanmoins, avec sa toute récente aire marine protégée de 720 000 kilomètres carrés, les Pascuans montrent l’exemple au monde entier quant à la préservation des ressources marines.



Le site archéologique de Ahu Tongariki baigné dans la douce lumière du coucher de soleil. Crédit photo : Andrea Vera Sasso from Pexels
Le site archéologique de Ahu Tongariki baigné dans la douce lumière du coucher de soleil. Crédit photo : Andrea Vera Sasso from Pexels
Rapa Nui est une destination absolument exceptionnelle et unique au monde. Contrairement aux autres destinations du Pacifique sud, on ne la visite pas particulièrement pour ses plages de sable blanc, mais plutôt pour la grande richesse de son patrimoine culturel. Cette minuscule île chilienne, d’une superficie six fois moins importante que l’île de Tahiti, est un véritable musée à ciel ouvert. Elle abrite près de 1 000 moai, ces statues monumentales taillées dans de la roche volcanique et parfaitement érigées aux quatre coins de l’île. Depuis l’arrivée des Européens en 1772, l’existence de ces moai suscite maintes interrogations et de nombreux mystères persistent...

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT