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Les échecs, de la légende à l’histoire


Vendredi 2 Juillet 2021 - écrit par Claude Jost


Les origines du jeu d’échecs se perdent dans la nuit des temps entre légendes et une réalité historique souvent controversée. Une origine située dans le nord de l’Inde vers 600 (après J.-C.) est aujourd’hui communément admise. L’ancêtre direct décrit par des textes est le chatranj, que les Perses auraient reçu des Indiens (jeu dérivé du chaturanga à deux joueurs). Point de repère : le jeu d’échecs tel que nous le connaissons aujourd’hui existe depuis le début du XVIIe siècle. Soit près de 400 ans sans aucune modification majeure, si ce n’est l’apport de la pendule et la modification du style des pièces : le style Staunton (internationalement adopté) date de 1850.



Par Claude Jost, maître de la Fédération internationale des échecs

Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
Voici les textes anciens les plus souvent cités :
Texte en langue sanskrit : le Manasollasa (XIIe siècle). Ce texte décrit les échecs en mentionnant deux variantes : une très proche des textes pelhvi et une autre appelée le chaturanga, se jouant à quatre joueurs.
Textes en langue perse (pelhvi ou palahvi) le Chatrang-namak (= l’invention des échecs), recueil de contes perses vers l’an 800 décrivant l’arrivée du jeu d’échecs en Perse en provenance de l’Inde. Le Shah Namah (= le livre des rois), histoire de la Perse par le poète Abu Kasim Mansur, plus connu par son pseudonyme Firdursi.
Dans ces deux textes (le second reprend l’histoire du premier), le jeu d’échecs est décrit se jouant avec un échiquier de 64 cases, avec les pièces suivantes : fantassins (pions), chars (tours), éléphants (fous), chevaux (cavaliers), roi et son conseiller le vizir (la reine).
Textes arabes du VIIIe siècle : premiers textes arabes mentionnant les échecs. À noter que des textes arabes plus anciens (mais aujourd’hui disparus) sont cités dans ces textes...

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT