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Rapa Nui, un message de paix


Jeudi 6 Février 2020 - écrit par Ariitaimai Amary


Rapa Nui ou l’Île de Pâques, un paradis perdu au milieu de l’océan Pacifique. Tel est le décor choisi par Pierre Plenet et l’équipe d’Océanie Films pour aborder un concept auquel tout le monde aspire sans toujours pouvoir en jouir : la Paix. Dans les images filmées par la société audiovisuelle, le spectateur pourra s’imprégner de l’atmosphère paisible de la Grande Rapa et découvrir son concept inédit et itinérant depuis bien des années déjà, le Moai de la Paix. Le réalisateur espère aujourd’hui sortir un film de 52 minutes ou une série de documentaires de 26 minutes.



Le documentaire s’articule autour du point central que constitue le i[Moai]i. Crédit photos : DR
Le documentaire s’articule autour du point central que constitue le i[Moai]i. Crédit photos : DR
Pierre Plenet a commencé sa carrière dans l’audiovisuel aux côtés de Jean-Raymond Bodin, en 1971. Après des voyages réalisés à Rapa Nui dans les années 1990, le célèbre réalisateur local propose des images exclusives du fameux Moai de la Paix, qu’il avait gardées dans l’espoir de réaliser un film qu’il intitulerait Le Géant de Rapa Nui. Évasion dans un condensé de presque quatorze heures d’images sur l’Île de Pâques.

Les premières images sont une introduction au concept du Moai de la Paix proposée par Paul-Émile Victor. Il reprend un court extrait du livre À la recherche du mana qu’il a préfacé, et qui a été élaboré avec François Le Calvez, Daniel Monconduit et Patrick Van Den Heede, durant les voyages qu’ils ont effectués pour acquérir des connaissances sur l’Île de Pâques. À leurs côtés, Pierre Plenet venait immortaliser les scènes d’une extraordinaire authenticité à travers l’œil de sa caméra. Paul-Émile Victor a donc introduit l’ouvrage et le futur documentaire par ces mots : i["Les jeunes de l’Île de Pâques récemment mis en contact avec le reste du monde ont été choqués par l’état alarmant de l’humanité, par son manque d’amour, par son manque de respect des autres, par son manque de compréhension de la liberté. Choqués !...

Disponible dès demain dans tous vos points de vente habituels.
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Comme un parfum de Macron…

Comme un parfum de Macron…
La décision du Conseil d’État, le 27 janvier dernier, de ne pas appliquer l’amendement à la loi Morin pour les demandes d’indemnisation des victimes des essais nucléaires déposées avant 2019 a surpris la Polynésie entière… mais agréablement pour une fois ! Cette institution publique, qui est chargée de conseiller le Gouvernement central et se veut la plus haute des juridictions de l’ordre administratif, met donc finalement à mal “l’amendement Tetuanui”, créé le 30 décembre 2018, qui réintégrait dans la loi, après la suppression de la notion de “risque négligeable”, un seuil minimal d’exposition aux rayonnements ionisants pour accéder aux indemnisations (une dose annuelle de 1 millisievert). Conséquence immédiate : deux victimes, dont les dossiers avaient pourtant été rejetés par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), ont pu obtenir gain de cause. Ces décisions font ainsi jurisprudence pour 62 autres cas ayant reçu un avis défavorable parmi les 138 demandes d’indemnisation en attente.

Même le président du Pays n’a pas caché son grand étonnement. Sans chercher à “faire le travail du Civen”, Édouard Fritch a considéré, au micro de Radio 1, qu’il va manquer au comité “un critère qui permette de dire oui ou non”. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a déclaré pour sa part, lors de sa courte visite au fenua : “Chacun prend acte de cette décision”, en ajoutant que ce sera au Civen d’en “examiner les conséquences”, en l’absence d’une estimation précise de l’impact financier sur l’État. Sans surprise cette fois, Auguste Uebe-Carlson, fondateur et président de l’association 193, a, lui, réagi positivement à cette grande annonce dans les colonnes de Tahiti Infos : “C’est vraiment un encouragement (…) pour toutes les familles à se manifester pour que cet amendement [“Tetuanui”] soit supprimé ou suspendu en attendant des études sérieuses de la part de l’État à propos de la réalité des maladies qui touchent notre pays.” Selon lui, “le nombre de dossiers a considérablement baissé” depuis l’entrée en vigueur de cet amendement, qui “a découragé beaucoup de familles polynésiennes à entamer une demande d’indemnisation”. Le père Auguste n’a d’ailleurs pas manqué d’affirmer : “Nous rappellerons au président Macron ces décisions du Conseil d’État.

En effet, malgré deux reports en 2019, le président de la République française nous fera enfin l’honneur d’un séjour en Polynésie du 16 au 18 avril 2020, des dates dont nous vous avions donné la primeur dans l’édition du 13 décembre dernier (lire TPM n° 422). On peut tout de même s’interroger sur cette décision tonitruante du Conseil d’État en faveur des Polynésiens. D’autant qu’elle s’est suivie, quelques jours après, du passage tout sourire de Mme Girardin sur nos terres, offrant par la même occasion un joli coup de pouce pour les municipales au Tapura Huiraatira, parti local majoritaire rallié à la liste La République en marche (LREM) d’Emmanuel Macron… Juste avant la ministre des Outre-mer, c’était Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer de l’Élysée, qui se déplaçait à Tahiti pour préparer le voyage du chef de l’État. Alors, hasard du calendrier ou pas, le terrain semble parfaitement déblayé pour l’arrivée du Président ! Si beaucoup redoutent qu’on leur vende encore des salades, ce qui est sûr, c’est que victimes ou non des essais, bien des hommes et des femmes l’attendent de pied ferme et qu’au menu, ils lui proposeront, eux, des échanges et des débats de vive voix autour du sujet explosif du nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt