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"Une autorité polynésienne de la concurrence peu pacifique", selon le Canard Enchaîné

"Une autorité polynésienne de la concurrence peu pacifique", selon le Canard Enchaîné
On ne vous cache pas notre satisfaction en découvrant que nos confrères du Canard enchaîné avaient cité Tahiti Pacifique, en page 4 de leur édition du 22 janvier 2020, pour rebondir sur les casseroles que traîne derrière elle l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC). Bon, l’hebdomadaire satirique s’est un peu emmêlé les pinceaux en parlant de "Tahiti Magazine", mais on aura compris que la rédaction réagit à notre couverture intitulée "L’APC en manque d’impartialité" (lire TPM n° 419 du
31 octobre 2019). Sous la plume de Dominique Simonnot, l’article rappelle comment, selon la Cour d’appel de Paris, le président de l’APC, Jacques Mérot, se trouve "dans une situation fort singulière" dans l’affaire de la réfrigération de boissons impliquant le groupe de distribution Wane, et évoque même "un joli conflit d’intérêts". Le Canard enchaîné se demande ensuite si les dernières décisions du collège de l’APC augurent "plus de transparence et de justice". Et de concéder : "Pas si simple". En effet, un haut fonctionnaire local, dont on ne mentionne pas le nom, aurait lâché : "Il règne en Polynésie une forte collusion entre les grands groupes, le pouvoir politique et des réseaux qui ne veulent à aucun prix que l’on touche aux intérêts économiques. Et ce conflit d’intérêts du président les a bien arrangés." Et Le Canard de conclure : "Cet été, la Cour de cassation se penchera à son tour sur l’affaire. Le micmac tahitien risque de la tenir occupée…"
(D.S.)





"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT