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Référendum : une course pour envoyer les propagandes à 180 000 Calédoniens


Vendredi 18 Septembre 2020 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes


Quelque 160 personnes de la Mission d’insertion des jeunes (Mij) travaillent actuellement à la mairie de Nouméa pour mettre sous pli les documents de propagande pour la consultation du 4 octobre. La salle d’honneur de la mairie de Nouméa s’est transformée en véritable ruche.



Depuis mardi dernier, la salle d’honneur s’est transformée en véritable ruche. Et même s’il faut aller vite, tout est très organisé. Crédit photos : Nicolas Petit/LNC
Depuis mardi dernier, la salle d’honneur s’est transformée en véritable ruche. Et même s’il faut aller vite, tout est très organisé. Crédit photos : Nicolas Petit/LNC
Depuis le début de la semaine, près de 160 jeunes de la Mij mettent sous pli la propagande électorale destinée à être envoyée aux 180 640 Calédoniens inscrits sur la liste référendaire. Un chiffre qui devrait d’ailleurs être légèrement revu à la hausse dans les prochains jours, avec l’inscription d’une poignée de nouveaux majeurs. Assis en groupes autour de 27 tables, les jeunes effectuent inlassablement le même geste. Ils empilent les documents dans un ordre prédéfini (Loyalistes, UNI, Calédonie ensemble, UC-FLNKS, encore Loyalistes puis Parti travailliste en haut de la pile), les plient, puis les glissent dans une enveloppe qu’ils scellent. Tout cela sous le contrôle d’une dizaine d’agents du haut-commissariat. Mardi dernier, près de 25% des plis avaient été réalisés.

Tenir la cadence, sans faire d’erreur

Une bonne cadence qui devrait permettre de respecter le calendrier, notamment grâce à l’implication des 160 travailleurs. Avec de la musique en fond, tous réalisent leur tâche sans rechigner. Et si les sourires et quelques petits mots sont échangés, le brouhaha que l’on aurait pu imaginer avec autant de jeunes adultes dans une pièce n’est pas au rendez-vous. Au contraire, c’est le calme qui règne. “Ce n’était pas simple au début, car je n’avais jamais fait ça, confie Maria. Et c’est difficile de discuter en même temps.”
Les jeunes doivent travailler très vite, il faut qu’ils fassent attention à ne pas mettre deux fois la même propagande ou à ne pas oublier un document, explique Audrey Laurent, conseillère à la Mij province Sud. C’est un petit travail pour eux, mais ça peut leur permettre de finir le mois. Et au-delà de l’aspect financier, il y a une véritable reconnaissance. On leur fournit le repas et des tickets de transport.”
S’ils sont à la manœuvre, d’autres s’affairent également. Du personnel de l’OPT, qui récupère les enveloppes, et effectue des va-et-vient entre les bureaux de mise en pli et les camions. “Nous sommes une vingtaine de personnes pour récupérer les plis, explique Caroline Chalier, responsable du traitement postal à Ducos. Si la Mij est en charge de maintenir la cadence et le haut-commissariat a pour rôle de contrôler les opérations, notre travail consiste à acheminer ces enveloppes vers le centre puis à les distribuer.” Tout devrait être réalisé en trois jours.
À l’OPT, il a fallu mobiliser un grand nombre de personnes sur place, mais également à Ducos, où elles sont une dizaine à récupérer la cargaison.
À l’heure où vous nous lisez, tous les électeurs devraient avoir reçu les documents de propagande des différents groupes politiques.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

Deux bulletins distincts pour le “Oui” et le “Non”

Ce type d’opération, comme l’ensemble des processus liés à la consultation du 4 octobre est scruté par la commission de contrôle. Guy Quillévéré, président du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie et membre de cette commission était présent pour veiller à ce que la mise sous pli soit effectuée dans les règles de l’art. “Avant la mise sous pli, nous avons pu constater le dépôt dans les délais prévus par le code électoral des circulaires et des affiches et des bulletins « Oui » et « Non » .” Malgré la demande formulée par les Loyalistes, le “Oui” et le “Non” seront sur deux bulletins distincts.
Cette commission, dont le rôle est de garantir la bonne organisation et la régularité de la consultation, est composée de cinq membres. Elle est présidée par Francis Lamy, membre du Conseil d’État, actuellement en quatorzaine à Nouméa. Aucun problème majeur n’a été constaté durant cette journée de mise sous pli. Les cartes électorales ont, quant à elles, été imprimées et sont en cours de distribution dans les mairies.


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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT