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Salon du livre 2018 : des littéraires mordus… de "langues" !


Vendredi 2 Novembre 2018 - écrit par Dominique Schmitt


La 18e édition de "Lire en Polynésie" aura lieu du 15 au 18 novembre, dans les jardins de la Maison de la culture. Depuis sa création en 2002, le Salon du livre reçoit de plus en plus de visiteurs, mais aussi d'invités locaux et océaniens, ce qui participe au rayonnement régional de la culture polynésienne. Cette année, les littéraires seront réunis autour du thème "Langues".



Crédit photo : DR
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"Bienvenue autour du paepae a Hiro dans les jardins de la Maison de la culture pour ce 18e Salon du livre qui n’a pas l’intention de tenir sa langue !" Et pour cause, le thème retenu cette année est "Langues". De quoi en délier plus d'une… Le prochain rendez-vous littéraire en Polynésie, qui se prépare activement depuis plusieurs mois, se tiendra durant quatre jours, à compter du 15 novembre. Cet événement, co-organisé depuis sa seconde édition par l’Association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI) et la Maison de la culture - Te Fare Tauhiti Nui, vise la promotion de la lecture au fenua mais également une ouverture sur l’univers océanien. "Nos littératures méritent votre attention. Elles disent le monde à l’instar de toutes les littératures. Elles sont étudiées dans les universités, elles dérangent, elles donnent à réfléchir, elles enchantent de leur langue singulière. Elles sont universelles", commente le président de l’AETI, Christian Robert, dans son éditorial du désormais traditionnel Journal du salon...

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier