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Secosud : Le courant ne passe plus pour Teva Sylvain


Jeudi 20 Octobre 2016 - écrit par Luc Ollivier




Lors d’une conférence de presse organisée ce matin dans un hôtel de Pirae, Teva Sylvain de la société Teva Rua s’est montré très offensif envers son concurrent Teva Rua Nui dans la lutte qu’ils se livrent pour l’obtention de la Délégation de Service Public dans le cadre de l’appel d’offres pour le renouvellement de la concession d’électricité gérée par Secosud.

Après une premier recours devant le tribunal mixte de commerce de Papeete qui avait renvoyé les deux parties dos à dos, c’est maintenant au pénal que Teva Sylvain menace de porter l’affaire suite à l’annonce mardi du choix du syndicat pour l’électrification des communes sud de Tahiti (Secosud) de ne garder plus que deux candidats : Teva Rua Nui et EDT-Engie.
Après être revenu sur le différend qu’oppose Teva Rua à Teva Rua Nui, SAS constituée pour partie de ses anciens partenaires, Teva Sylvain a dénoncé la tentative de rachat de sa participation à la société par ses anciens partenaires, moyennant finance, offre qu’il a lui-même retournée, et l’utilisation d’un faux tampon de sa société par son ancien mandataire aujourd’hui actionnaire de Teva Rua Nui. Des accusations graves qu’il a développées dans son dossier remis à la presse.
Teva Sylvain dénonce aussi un cahier des charges incomplet et qui obligerait le délégataire à fournir de l’électricité à hauteur de 70% en thermique via l’usine de la Punaruu et 30% en hydroélectricité via Marama Nui. Hors, la consommation des 11 000 foyers des communes de Teva I Uta, Taiarapu Ouest et Est et Hitia’a o te Ra ne dépassant pas les 50 millions de kilowatt/an, la production de Marama Nui à 12,06 francs le kWh, contre 21,9 pour celle de la Punaruu suffirait amplement à fournir de l’électricité. Il s’agit donc pour lui d’une facturation obligatoire qui n’est ni effective, ni utile (sauf cas exceptionnel). Le montant estimé de cette sur facturation est d’environ 300 millions Fcfp, dont pourrait et devrait bénéficier la population qui verrait sa facture s’alléger de 3-4 franc le KW.
En fonction des suites qui seront données à cette procédure, Teva Sylvain avisera d’autres mesures à prendre et pourquoi pas d’empêcher EDT-Engie de prétendre à la délégation puisqu’étant fournisseur d’électricité.


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Liberté, Égalité réelle, Fraternité

La devise de la république française "Liberté, Égalité Fraternité", ne serait-elle pas mise à mal par le concept d'une égalité réelle ? Que faut-il en déduire ? L'égalité ne serait-elle pas la même au sein d'une République qui se veut une et indivisible ? Parler d'égalité réelle c'est en tout cas implicitement reconnaître que nous ne sommes pas tous égaux... Ou en tout cas qu’il existe plusieurs degrés d’égalité, ce qui laisse songeur tout en nous faisant repenser au sketch de Coluche : "Dieu a dit, il y aura des hommes blancs, des hommes noirs, il y aura des hommes grands, des hommes petits. Il y aura des hommes beaux, des hommes moches et tous seront égaux, mais ça sera pas facile."
La République française ne serait donc égalitaire que dans sa plus simple figure géométrique, l'hexagone. Pour le reste, les petits bouts difformes éclatés sur le globe, l'égalité doit attendre. Ces bouts de France, souvent très (trop) dépendants des expédients de la métropole n'ont eu de cesse de réclamer toujours plus de "moni". Mais ce que la France a bien essayé de faire durant sa période glorieuse, elle ne le peut plus en ces temps de disette. Victorin Lurel, puis George Pau-Langevin, le temps de leur passage au ministère de l'Outre-mer, ont voulu apporter un peu plus d'égalité, une consultation publique a été ouverte pour prendre la température et donner l'impression que chacun pouvait participer au débat des citoyens ultramarins. Une initiative qui n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux pour beaucoup car c'est finalement aux représentants de chaque département et collectivité qu'a échu la responsabilité de défendre au mieux ses propres intérêts dans ce projet de loi de programmation relatif à l'égalité réelle outre-mer portant des dispositions en matière sociale et économique.
Aux demandes d'aides ayant toujours un coût, il a été le plus souvent répondu que des études étaient nécessaires. Un bon moyen de botter en touche, de gagner du temps (on parle d’un plan de convergence de 10/20 ans) tout en ayant donné l'impression d'être à l'écoute. La Polynésie française n'a pas fait exception à la règle et les amendements déposés par les deux députés ayant pris la parole (Jonas Tahuaitu avait certainement mieux à faire) ont le plus souvent été retirés, le statut du territoire étant visiblement un frein à toute avancée qui aurait bénéficié directement au portefeuille des Polynésiens (ex : "Contribution au service public de l’électricité"). Ce projet de loi adopté mardi laisse un goût d’inachevé, à se demander si tout ceci n’était pas qu’une belle opération de communication à quelques mois de l'élection présidentielle. Il faudra donc s'en remettre aux commissions budgétaires de l'Outre-mer des prochaines semaines et aux "Accords de Papeete" pour que l'on pense à gommer quelques inégalités.
 
 
 
Luc ollivier

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