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Sur les chemins de la vie


Vendredi 20 Mars 2020 - écrit par Dominique Schmitt


Après la sortie de son premier livre, Je suis née morte, Nathalie Heirani Salmon-Hudry présente un second ouvrage, sobrement intitulé Sur les chemins de la vie. L’auteur, qui a marqué le public polynésien par le style de son écriture et sa simplicité, propose des chroniques touchantes qui ont été publiées dans le bulletin P.K.0 de la paroisse de la cathédrale de Papeete. Rendue gravement handicapée à vie par la médecine, la jeune femme opère une remarquable rédemption.



Interview

Nathalie Heirani Salmon-Hudry, auteur de Je suis née morte et Sur les chemins de la vie

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un second livre ?
"L’écriture de ce livre s’est faite en deux temps. Les chroniques hebdomadaires publiées dans le P.K.0 de la Cathédrale, sur une bonne idée du Père Christophe et suite à une rencontre avec quelques amis SDF, je voulais écrire sur la dignité. Et je me suis prise au jeu.
Puis, toujours encouragée par Père Christophe, l’idée de rassembler les « meilleures » chroniques est vite venue. Mais quelques amis parlaient d’un livre « trop catho ». Et d’autres amis sont arrivés et ont tout de suite eu un coup de cœur pour les chroniques et je me suis lancée… assumant pleinement le style de livre que j’ai choisi. Il y a tant à partager, pourquoi s’en priver ? Et, entre nous, Sur les chemins de la vie n’est-elle pas la meilleure suite que je pouvais donner à Je suis née morte ? Un petit clin d’œil… au cas où certains se demanderaient encore si je suis morte ou vivante !"

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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT