Nous sommes en présence de l’un des “emploi-jeunes” que Martine Aubry, ministresse de l’Emploi de Lionel Jospin, a proposé en 1997. Ces nouveaux métiers brillent par leurs destinations disparates, depuis les médiateurs de l’économie numérique solidaire aux fabricants d’événements virtuels sans réalité et aux allumeur.euse.s de lanternes de Halloween ; de surveillant de la parité entre hommes et femmes dans les Écoles françaises de sumo à l’assistant en déchetterie ; d’agent d’accueil des Covidiens convaincus aux correcteur.rices.s ethnoculturel.les.s de l’écriture inclusive ou “dégenrée”, qui veut éviter toute discrimination sexiste dans le langage, avec comme résultat des monstres sémantiques. L’écriture épicène qui lui est associée rejette la forme grammaticale masculine au profit de la féminisation des métiers ou d’occupations : “les touristes et les touristesses”, “professeur.seuse.s”, avec le résultat d’une lourde tautologie, riche en chauvinisme sexuel, imposée à la langue qui se voit accusée de crimes idéologiques. Les natures plus “artistes” se destinent à effacer sur les photos de Jean Gabin la cigarette permanente, afin de sevrer les gens du vice horrible du tabagisme ou bien, encore, ils s’ingénient à repeindre l’“Aurore aux doigts de rose”.
Lors de la grande réévaluation culturelle des années 1960, les livres de Bougainville, Melville, Loti, Segalen, attendent en Polynésie aussi leur toilettage, comme le suggère l’éditeur Casterman Jeunesse, pour qui il ne s’agit pas “juste de réimprimer des livres qui ont été écrits il y a soixante ans, mais aussi d’essayer de faire en sorte qu’ils puissent parler aujourd’hui”. Ce terme d’“aujourd’hui” concerne les lecteurs reformatés par l’industrie des mass media à n’accepter que des “messages” où dominent les idées communautaires, les bons sentiments politiques et moralistes.
Les nouveaux métiers émergents, des emplois sans profession qui ne renvoient plus à aucune réalité concrète, relèvent de celle que Orwell appelait la “novlangue” (Newspeak), langue officielle d’Oceania dans son roman 1984, simplification lexicale et sémantique qui empêche l’élaboration critique des idées au profit d’un jargon “jeune”, et présumé plus simple et direct. Lorsque l’on n’a rien à dire, on essaie de concasser les mots comme des cailloux, des mots CDD à durée déterminée, puisque l’humanisation – résultat du travail quotidien et non du pillage comme dans d’autres cultures – n’existe plus, remplacée par les nouveaux métiers humanitaires, modèles d’un monde Hobbiesland à venir pour faire passer tout simplement la vie, bardés de diplômes inutiles octroyés par l’université citoyenne, notamment les “gender studies” de l’université citoyenne.
Lors de la grande réévaluation culturelle des années 1960, les livres de Bougainville, Melville, Loti, Segalen, attendent en Polynésie aussi leur toilettage, comme le suggère l’éditeur Casterman Jeunesse, pour qui il ne s’agit pas “juste de réimprimer des livres qui ont été écrits il y a soixante ans, mais aussi d’essayer de faire en sorte qu’ils puissent parler aujourd’hui”. Ce terme d’“aujourd’hui” concerne les lecteurs reformatés par l’industrie des mass media à n’accepter que des “messages” où dominent les idées communautaires, les bons sentiments politiques et moralistes.
Les nouveaux métiers émergents, des emplois sans profession qui ne renvoient plus à aucune réalité concrète, relèvent de celle que Orwell appelait la “novlangue” (Newspeak), langue officielle d’Oceania dans son roman 1984, simplification lexicale et sémantique qui empêche l’élaboration critique des idées au profit d’un jargon “jeune”, et présumé plus simple et direct. Lorsque l’on n’a rien à dire, on essaie de concasser les mots comme des cailloux, des mots CDD à durée déterminée, puisque l’humanisation – résultat du travail quotidien et non du pillage comme dans d’autres cultures – n’existe plus, remplacée par les nouveaux métiers humanitaires, modèles d’un monde Hobbiesland à venir pour faire passer tout simplement la vie, bardés de diplômes inutiles octroyés par l’université citoyenne, notamment les “gender studies” de l’université citoyenne.

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