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Thibaud Millet, l’avocat qui met les pieds dans le plat


Vendredi 2 Octobre 2020 - écrit par Suliane Favennec


Ces dernières semaines, il a occupé toute sa place dans les médias. Thibaud Millet est sur tous les fronts tant qu’il est question d’atteintes à la liberté. Dernièrement, il a déposé des référés-libertés concernant le port obligatoire du masque, il a aussi fait un recours sur les restrictions de l’alcool… Qui est cet avocat qui n’a pas peur de mettre les pieds dans le plat ?



Crédit photo : Greg. Boissy
Crédit photo : Greg. Boissy
L’épaisseur des conclusions de Me Millet dépassent largement le dossier !" Léger rictus aux lèvres, la présidente du tribunal ouvre l’audience. La magistrate semble familiarisée aux méthodes de Me Thibaud Millet. L’avocat est un procédurier laborieux. Au palais de justice, il est connu pour ses conclusions structurées et détaillées. "Quand il se plonge dans un dossier, il veut maîtriser son sujet, il va passer cinquante heures à fouiller les textes", livre avec une pointe d’admiration Édouard Varrod, qui ne tarit pas d’éloge sur son ami et collaborateur. Ce jour-là, lors de l’audience suivie par quelques journalistes et curieux, l’enjeu est de taille : ouvrir le débat de la liberté d’expression sur le cannabis thérapeutique. Tâche difficile, lorsqu’on est bridé par un masque empêchant de s’exprimer avec éloquence. Les nouvelles normes depuis l’explosion de cas de Covid-19 en Polynésie française. L’incommodité ne fait pas fléchir la détermination de l’avocat, qui défend Karl Anihia, le président de Tahiti Herb Culture. L’homme est jugé en appel pour avoir planté un plant de cannabis devant l’assemblée de Polynésie française, en mars dernier...

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La mémoire des essais nucléaires au risque d’Alzheimer…

Après la publication de notre dossier consacré à une arnaque au tapa “made in Thailand” envahissant le marché polynésien (lire TPM n° 445 du 18 décembre 2020), qui a suscité l’indignation dans le monde de la culture, le soutien du Pays affiché aux artisans quelques jours plus tard devant les médias étonne pour ne pas dire détone… En effet, le gouvernement a laissé filer un trafic de “faux tapa” qui inonde depuis une vingtaine d’années les curios, les musées et même aujourd’hui certains hôtels de luxe, mais il n’hésite pas à s’afficher fièrement en grand défenseur des artisans pour une opération lancée dans les magasins Carrefour et Champion pour les fêtes de fin d’année. Cherchez l’erreur…

Autre actualité qui nous fait dresser les poils, au rayon des archives militaires cette fois : l’historien Jean-Marc Regnault nous alerte sur la récente complexification de l’accès des documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale. Alors que la loi du 15 juillet 2008 relative aux archives, inscrite dans le code du patrimoine, prévoyait un délai de cinquante ans pour autoriser leur consultation, une révision des dispositions en 2011 a précisé que tout document portant un marquage “Secret Défense”, dit “classifié au titre du secret de la défense nationale”, devait être déclassifié par l’autorité compétente avant communication… Eh bien figurez-vous que la situation s’est aggravée depuis 2020 en raison d’une interprétation de plus en plus restrictive de cette instruction interministérielle, qui a entraîné le blocage de nombreux fonds aux Archives nationales, aux Archives du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris, comme aux archives de la Défense. En clair, cela signifie que des documents qui étaient librement communicables et communiqués, des documents qui avaient été publiés dans de nombreux livres d’Histoire, sont désormais… inaccessibles ! C’est l’objet de notre dossier de Une pour ce premier numéro de l’année (lire pages 14 à 16). Pourquoi l’État poursuit-il sa politique de l’autruche et fait tout pour cacher la vérité historique ? Y aurait-il tant de secrets inavoués et inavouables ? La reconnaissance du fait nucléaire serait-elle un perpétuel combat ? D’ailleurs, y aura-t-il jamais un Centre de mémoire des essais en Polynésie ? La question est posée.

Enfin, parce que nous aimons aussi vous faire vous évader, retrouvez notre portrait haut en couleur de Titouan Lamazou (lire pages 18 à 25). Artiste talentueux et navigateur insatiable, celui qui a été piqué au tiare il y a plus de quarante ans déjà a décidé de poser l’encre et les pinceaux au fenua. Découvrez un homme d’exception, qui confie avoir une “empathie sociale congénitale”, mais également un peintre de génie, qui a eu à cœur de créer une gamme de produits dérivés de ses œuvres privilégiant une coopération locale avec l’ambition d’une production 100% “made in Tahiti. Un bel exemple d’énergie positive, dont nous devrions nous inspirer. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique vous souhaite, chers lecteurs, une excellente année et vous adresse ses meilleurs vœux pour 2021.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT