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Transition énergétique : réflexions à propos du plan de relance “Cap 2025”


Vendredi 6 Novembre 2020 - écrit par Jean-Claude Foglia


Le plan de relance “Cap 2025” (présentation du 1er septembre 2020) se termine par une phrase de Greta Thunberg : “Quand on commence à agir, l’espoir est partout. Alors au lieu d’attendre l’espoir, cherchez l’action. Et c’est seulement à ce moment que l’espoir sera là.” Le gouvernement de Polynésie française se veut donc actif. Il l’est sans doute. L’est-il suffisamment et à bon escient dans tous les secteurs de la vie économique et sociale ? L’est-il notamment dans le domaine essentiel et même existentiel : celui de la transition écologique et, tout particulièrement, celui de la transition énergétique ?



Crédit photo : Wikipedia - Diego Delso, delso.photo, License CC-BY-SA
Crédit photo : Wikipedia - Diego Delso, delso.photo, License CC-BY-SA
Le plan liste un certain nombre de projets d’investissements structurants (pages 40 et 41) à lancer dans les cinq années à venir. Pour le domaine des transports terrestres, on note : “Réseau routier : voie rapide Sud, route des coteaux et rocade de Taravao”. Ainsi donc le tout-voiture est toujours de mise ! Il est sans doute nécessaire de développer le réseau routier, mais la concentration de nombreuses activités sur la capitale induira les mêmes encombrements en ville et sur des kilomètres à sa périphérie. Aucune action citée sur les transports en commun ! Pourtant, ils représentent le seul moyen efficace de réduire notablement la facture énergétique et l’empreinte carbone des transports terrestres à Tahiti. On rappelle que ces derniers cumulent un tiers des émissions de gaz à effet de serre du Pays. Pas davantage d’accélération de la rénovation des transports en bus : il y a encore tant à faire !
Également, de source sûre, un appel d’offres pour une étude des modes de transport réalisables en site propre, c’est-à-dire principalement sur voies réservées pour les bus ou par voie aérienne pour le transport par câble ou encore par voie maritime, est sur la table du conseil des ministres depuis quelques mois. Cette étude est attendue depuis 2017, année de l’adoption du Schéma directeur des transports terrestres de Tahiti. Sans voies dédiées, les transports en commun ne peuvent pas être efficaces et attractifs en zone urbaine !

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“Champions du monde” de Covid : on dit merci qui ?

Après notre titre de "champions d’Outre-mer" lorsque le fenua a réussi l’exploit, le mois dernier, d’être la seule collectivité ultramarine à se voir imposer un couvre-feu, voilà que nous prenons du galon en montant sur la première marche du podium des pays qui enregistrent le taux d’incidence le plus élevé de la planète. Si, si, avec 1 603 cas pour 100 000 habitants (du 29 octobre au 11 novembre 2020), nous sommes devenus "champions du monde" de coronavirus devant Andorre (1 378) et la République tchèque (1 330), selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ! Le summum de l’aberration a été atteint la semaine dernière quand on a appris que les touristes hexagonaux étaient interdits de… Polynésie. Depuis le reconfinement de la Métropole, le motif dérogatoire touristique qui figure dans l’arrêté du haut-commissaire (en vigueur jusqu’au 16 décembre) n’est en effet plus considéré comme une raison valable. On pourrait croire à une mauvaise blague, mais non, c’est bien la triste réalité.
Nous qui étions “Covid-Free” et misions tout sur le tourisme extérieur pour sauver l’économie locale, on peut dire que c’est ballot ! À vouloir courir plusieurs lièvres à la fois, changer de stratégie et ne pas mettre des contrôles sanitaires stricts lors de la réouverture de nos frontières, les autorités ont perdu sur tous les tableaux et font sombrer notre économie… Les petits commerces mettent la clé sous la porte les uns après les autres, de même que certaines pensions. Par ailleurs, la décision de fermer les salles de sport a suscité l’incompréhension de nombre d’entre nous qui crient à l’incohérence, alors que les lycéens s’entassent dans les classes. Pourquoi ne pas avoir pris des mesures adaptées, comme c’est le cas dans d’autres secteurs ? Surtout que le profil des personnes hospitalisées est une majorité de patients obèses, diabétiques et hypertendus. Le Covid tue les personnes en mauvaise santé, et on empêche les gens de faire du sport et de renforcer leur immunité… C’est d’autant plus aberrant chez nous, avec une partie de la population dite “à risques”. C’est le serpent qui se mord la queue !
Pendant ce temps, le Bureau de veille sanitaire (BVS), en sous-effectif, est quasiment injoignable, tellement il est débordé. Il n’y a aucun contrôle des cas positifs et encore moins de suivi des cas contacts. En changeant de protocole sans réaliser de vraie communication, les autorités ont réussi à embrouiller l’esprit des citoyens, qui ne savent même plus s’ils doivent aller travailler ou rester chez eux lorsqu’ils sont cas contacts. Et on se demande encore comment on a du mal à limiter la propagation du virus ? Nos dirigeants, ici et en Métropole, répètent assumer entièrement leurs responsabilités, mais tous ces morts doivent commencer à devenir pesants !
Si on ne peut plus voir ses amis, ni assister à un événement culturel, ou même faire du sport, il nous reste une seule solution pour éviter la sinistrose : en profiter pour retrouver les plaisirs des sens, les plaisirs de la Vie… Alors, on dit merci qui ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT