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Travaux publics : le ministre Darmanin sur le pont de Mouli, un chantier d’envergure bientôt lancé


Vendredi 22 Février 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Jean-Jacques Haeweng, directeur de l’Équipement et de l’aménagement de la province des Îles Loyauté, a conduit le ministre Gérald Darmanin sur le pont de Mouli. (Photos Y.M)
Jean-Jacques Haeweng, directeur de l’Équipement et de l’aménagement de la province des Îles Loyauté, a conduit le ministre Gérald Darmanin sur le pont de Mouli. (Photos Y.M)
À Ouvéa lundi, Gérald Darmanin a enchaîné les visites et apprécié les projets. Notamment celui du nouveau pont de Mouli, un chantier de 2,5 milliards de francs. Une inquiétude est aussi remontée.
La dépression tropicale Oma énervait le lagon et noircissait les nuages, le vent soulevait les cravates, mais le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a tenu le programme au pas de charge. D’ailleurs, la visite d’un membre du gouvernement tricolore à Iaaï est plutôt rare.
Dans le road-book, un contact avec des projets concrets et, à travers ces immersions, la volonté de "continuer à montrer l’intérêt qu’à la France pour le développement, et notamment dans les Îles, nous avons des projets de défiscalisation", a indiqué Gérald Darmanin, un ministre qui a goûté l’air salin sur le wharf de Wadrilla, découvert le système de production à la savonnerie, salué l’accueil à l’hôtel "Paradis d’Ouvéa", ou encore apprécié la technologie de l’unité de dessalement de Fayawa.

La délégation parisienne, entourée de politiques calédoniens, a aussi traversé le pont de Mouli. La structure emblématique de l’île au-dessus de son eau azur est au cœur d’un enjeu technique. Construit en 1982 avant la provincialisation, l’ouvrage monovoie n’est plus adapté aujourd’hui aux besoins, et son état est devenu critique en dépit des réparations effectuées. L’intention est désormais de construire un nouveau pont, côté lagon, à 2,50 mètres de l’ancien, dans une première phase. L’appel d’offres doit être lancé courant mars, pour un début des travaux en juin, et un achèvement du chantier en décembre 2021. Date à laquelle le vieux pont sera démonté et rapatrié sur Nouméa.

"Les prix évoluent"

Le coût total de l’opération s’élève à 2,5 milliards de francs, avec toutes les études. L’État participera à hauteur de 1,2 milliard, à travers le Contrat de développement État-Province 2017-2021.
Les délais de versement de ces montants, de Paris vers Nouméa, cristallisent, d’une manière générale, les inquiétudes, entendues à nouveau à Ouvéa. Interpellé lors d’une réunion à la mairie, le ministre Gérald Darmanin ne cache pas la difficulté. "Nous avons convenu avec le président du gouvernement et le haut-commissaire de pouvoir instaurer une cellule qui permet d’aller beaucoup plus vite, où les questions sont posées par l’État français et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie." Une formule qui "évite de poser plusieurs fois les questions aux porteurs de projet".

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier