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Vanuatu et Fidji : déboires avec des entrepreneurs chinois


Vendredi 22 Février 2019 - écrit par Luc Ollivier


L’intégration de l’économie chinoise dans le Pacifique ne cesse de défrayer la chronique chez nos voisins. Après les Samoa (lire TPM n° 400), ce sont maintenant le Vanuatu et les Fidji qui ont maille à partir avec certaines pratiques.



Crédit photo : DR
Crédit photo : DR
Le quotidien ni-vanuatu Daily Post du Vanuatu a consacré le 11 février dernier, un article à un problème de gestion du centre de convention. L’édifice récent, construit en 2016 par une société chinoise, ne répond pas aux normes en vigueur et ne peut donc pas être utilisé en l’état. Le Premier ministre, Charlot Salwai, déclarait que son gouvernement n’avait plus les moyens d’entretenir la structure et avait donc décidé de la confier à une société chinoise, qui l’utilise en tant que restaurant. D’une capacité de 1 000 places assises, ce centre aurait pourtant été construit selon le cahier des charges demandé par le gouvernement.

Le gouvernement fidjien poursuit une société chinoise

Le gouvernement fidjien a annoncé la semaine dernière poursuivre en justice la société Freesoul Real Estate qui, lors de ses travaux de construction d’un Resort sur l’île de Malolo, n’a pas respecté le cahier des charges, ce qui a nui à l’environnement. Un double rappel à l’ordre en décembre 2018 n’a pas suffi à stopper de mauvaises pratiques, qui ont provoqué la colère des habitants. Ces derniers ont obtenu que le ministère de l’Environnement, puis le gouvernement, attaquent la société chinoise.

(LO)

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier