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Un collectif d'universitaires raconte l'histoire des îles de la Société


Jeudi 27 Juin 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Publié en partenariat avec l'Université de la Polynésie française et la Maison des Sciences de l'Homme du Pacifique, Une Histoire de Tahiti - Des origines à nos jours retrace les grands événements du fenua, depuis l'arrivée des premiers hommes jusqu'à la période contemporaine. Dirigé par Éric Conte et écrit par des enseignants-chercheurs, cet ouvrage est dédié notamment aux étudiants.



Crédit photo : Dominique Schmitt
Crédit photo : Dominique Schmitt
Cela fait plus de dix ans que l'idée a germé dans l'esprit d'Éric Conte, professeur des universités en ethno-archéologie océanienne à l'Université de la Polynésie française (UPF). "Ce livre est né d'un constat, celui qu'il n'existait pas encore d'ouvrage synthétique qui raconte l'histoire de Tahiti, depuis l'arrivée des Polynésiens jusqu'à la période contemporaine", explique Éric Conte. Et de préciser : "Cependant, il a fallu du temps pour le finaliser, car entre-temps j'ai été président de l'UPF de 2011 à 2017 et je souhaitais également que les auteurs relisent l'ensemble de l'ouvrage pour faire éventuellement des critiques." Il poursuit : "Le public visé est avant tout les étudiants, mais ce livre est aussi ouvert à tous, c'est pourquoi nous l'avons écrit de façon lisible."
Dans Une Histoire de Tahiti - Des origines à nos jours, les lecteurs pourront ainsi découvrir dix chapitres rédigés par neuf auteurs, dont Michel Lextreyt, décédé en 2016. En son hommage, les enseignants-chercheurs ont d'ailleurs décidé de reverser les droits d'auteurs à la Maison des sciences de l'homme du Pacifique et de créer un prix qui porte son nom.

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 410 en cliquant ICI


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Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état

Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

Cette disposition, qui avait été actée en séance le 3 mars dernier, mais dont la transmission avait été retardée en raison de la crise sanitaire, est ainsi un “cavalier législatif” qui rend applicable le seuil d’1 millisievert à tous les dossiers de demandes d’indemnisation. Autrement dit, c’est un retour à l’amendement scélérat dit “Tetuanui” tant décrié ! Tel un poignard planté dans le dos, ce “coup de Trafalgar” a été, de surcroît, manigancé depuis les hautes sphères parisiennes en l’absence des parlementaires polynésiens ! Une manière
cavalière de mener le bras de fer qui a indigné, par exemple, Moetai Brotherson, député polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira. Et d’interpeller l’État français : “Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ?” Dans une longue interview accordée à Tahiti Pacifique, il fustige le gouvernement central et évoque “une frilosité maladive à vouloir indemniser de façon respectable les victimes de ces essais” (lire pages 18 à 21). Les associations locales de défense, 193 et Moruroa e Tatou, représentées par Père Auguste et Hiro Tefaarere, tirent également à boulet rouge sur l’État et rejettent désormais à l’unisson le projet de Centre de mémoire. Dans les réactions que nous avons recueillies (lire pages 22-23), la notion de “crime contre l’humanité” est omniprésente et l’on connaît tous le coupable, bien qu’il n’ait toujours pas présenté ses excuses au peuple polynésien...

Enfin, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois, au fil d’un entretien riche en anecdotes (lire pages 24 à 27). Vous l’aurez compris, c’est un numéro “collector” que nous vous proposons, avec une édition spéciale de
16 pages consacrées à ce douloureux sujet en Polynésie. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la Métropole, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour ? Aujourd’hui, nous avons un rêve : que cette question explosive soit gérée localement par “des hommes, de vrais hommes, avec des *** dans la culotte”, pour reprendre l’expression récente du président du Pays. Et puis, si d’aventure Emmanuel Macron se décidait à venir nous rendre visite un jour, nous aimerions lui dire : “Eh, Manu, tu redescends et tu dépollues ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt