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Un référendum à hauts risques en Nouvelle-Calédonie


Vendredi 18 Septembre 2020 - écrit par Jean-Marc Regnault


Le grand succès de la chanson (Tu veux ou tu veux pas,1969) de Marcel Zanini pourrait en effet servir de toile de fond au référendum qui se prépare chez nos voisins. La chanson se voulait "légère", mais le référendum pourrait tourner à la tragédie, car, quel que soit le résultat, le problème de l’avenir du Caillou restera irrésolu.



Crédit photo : Julien Sartre
Crédit photo : Julien Sartre
Il est des moments dans l’Histoire où l’impression domine qu’un peuple est dans une impasse. Il devrait être entièrement tourné vers l’avenir et le préparer. Hélas ! La Nouvelle-Calédonie est un pays trop marqué par l’Histoire pour qu’on oublie celle-ci à l’heure du référendum du 4 octobre prochain.
C’est notamment l’histoire d’un homme qui occupa plus de vingt ans le devant de la scène politique, Maurice Lenormand (1913-2006) qui fut député (1951-1964) et vice-président du conseil de gouvernement, un Européen défenseur des Kanak. Il fut au centre des attentions et des haines. Aujourd’hui encore, une publication officielle du congrès le qualifie de "petit Cromwell". Il est vrai que l’homme pouvait être cassant, autoritaire et que son passé vichyste pendant la Seconde guerre mondiale fait l’objet de polémiques. Mais Pouvana’a – défenseur des Polynésiens – était entouré d’hommes ayant eu un passé pétainiste (le docteur Florisson et Noël Ilari).

Après 1945, les missions catholique et protestante s’inquiétèrent des injustices politiques et sociales qui persistaient. Ces dernières donnaient des arguments aux communistes locaux qui attiraient à eux (provisoirement) des chefs mélanésiens et des travailleurs vietnamiens. Les missions créèrent des mouvements de jeunesse qui formèrent les futures élites kanak, origine lointaine du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste).

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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT