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Usine Vale en Nouvelle-Calédonie : les non indépendantistes favorables aux propositions du gouvernement


Vendredi 15 Janvier 2021 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : AFP
Les responsables non indépendantistes de Nouvelle-Calédonie se sont dits satisfaits, mardi dernier, de “l’implication plus forte de l’État” proposée par le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu dans la reprise de l’usine de nickel de Vale, au centre d’une vive polémique. “Nous ne pouvons que nous en féliciter, nous n’avons cessé de militer en faveur de cette proposition de bon sens. Espérons que l’initiative du gouvernement sera à la hauteur des enjeux, parmi lesquels le maintien de 3 000 emplois”, a réagi le député Philippe Gomes (UDI) sur Facebook.
Mi-décembre, sa formation Calédonie ensemble avait suggéré “une prise de contrôle temporaire” par l’État de cette usine métallurgique dont la vente par le Brésilien Vale à un consortium incluant le trader suisse en matières premières, Trafigura, soulève la colère des indépendantistes. “C’est une bonne chose qu’il y ait une implication de l’État dans l’usine (...). Cela peut construire une solution acceptable par tous”, a pour sa part déclaré à la radio RRB Sonia Backès, présidente de la Province Sud (Avenir en Confiance, droite).

M. Lecornu dit “vouloir tendre
une dernière fois la main”

De son côté, le président du gouvernement, Thierry Santa, a jugé “positif” le projet du ministre. Lundi soir, dans une allocution télévisée, M. Lecornu a dit “vouloir tendre une dernière fois la main” pour tenter de trouver une issue à ce dossier, qui a engendré une flambée de violences mi-décembre. “Je suis prêt à discuter d’une implication plus forte de l’Etat dans l’usine du Sud”, a annoncé M. Lecornu, qui doit transmettre “prochainement” aux responsables calédoniens une proposition approfondie.

Il pourrait s’agir, selon des sources proches du dossier, d’une prise de participation au capital, qui s’ajouterait aux 60 milliards de Fcfp (500 millions d’euros) déjà apportés par l’État en prêt, garanties et défiscalisation au plan de reprise. Le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) n’a pas encore officiellement réagi. Joint, son porte-parole Daniel Goa a toutefois qualifié de “petit pas” la proposition de Sébastien Lecornu. “C’est loin d’être gagné”, a-t-il ajouté dans l’attente de précisions et d’une concertation avec le collectif “usine du Sud : usine pays” et l’Instance coutumière autochtone de négociations (ICAN), fers de lance de la mobilisation contre l’arrivée de Trafigura en Nouvelle-Calédonie.
L’usine métallurgique de Vale, adossée au riche gisement de Goro, est actuellement à l’arrêt et sous protection des forces de l’ordre, après avoir été prise d’assaut par des émeutiers le 10 décembre et cible d’une multitude d’exactions. L’industriel a annoncé lundi la mise en chômage partiel de la quasi-totalité des salariés, soit 1 200 personnes.

Source : Agence France-Presse

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Décharges sauvages : cessons de souiller notre Fenua !

Qui n’a pas eu de sentiments de révolte en voyant les nombreuses décharges sauvages ici et là au fenua ? Comment peut-on souiller notre petit coin de paradis et laisser se développer de véritables sites d’enfouissement illégaux à Tahiti et dans les îles ? Comment sont traités nos déchets, où finissent-ils et quel est le rôle des communes dans la gestion de leurs administrés ? Qu’en est-il de Mumuvai, le plus grand dépotoir à ciel ouvert qui prend racine sur un pan de montagne à Faa’a et dont la Chambre territoriale des comptes réclame la fermeture depuis juin 2018 ? Notre rédaction a mené l’enquête, l’état des lieux est pour le moins alarmant…

Le laxisme de certaines communes dure depuis trop longtemps, à l’instar de Hitia’a O Te Ra, qui a été mise en demeure fin 2017 et contrainte à fermer deux décharges non autorisées dans la vallée de la Papenoo, un site naturel pourtant protégé, à fort potentiel culturel ! “Nous essayons d’accompagner au mieux les communes, se défend Benoît Layrle, le directeur du syndicat FENUA MA, chargé de la gestion des déchets de treize collec-
tivités : la Polynésie française, ainsi que les douze communes de Tahiti et Moorea, hormis Faa’a. Et d’ajouter : “A contrario, cela semble démesuré de pointer du doigt une petite commune comme Hitia’a alors que le plus gros dépotoir de Polynésie se localise à Faa’a, sur les hauteurs de Saint-Hilaire. Sauf que celui-ci a servi à la collectivité et à plusieurs époques.” En effet, saviez-vous qu’après la fermeture de l’usine Tamara’a Nui de Tipaerui, suite au fiasco orchestré par Dominique Auroy, tout Tahiti a profité de la décharge de Mumuvai grâce à Oscar Temaru, maire de Faa’a, qui a bien voulu récupérer les déchets de Papeete ? Pour mieux comprendre, Tahiti Pacifique ressort les vieux dossiers (lire “Les archives” page 24)… Cela rend les choses plus compliquées pour critiquer l’homme et tout lui mettre sur le dos ! Il en va donc de la responsabilité des pouvoirs publics de trouver de nouvelles solutions pour traiter nos ordures.

Dans ce sombre tableau, des lueurs d’espoir apparaissent heureusement, à l’image du projet de déchetterie à Punaauia, qui devrait voir le jour à l’horizon 2022, ou de la situation originale et encourageante de la décharge de la Punaruu qui devrait être réhabilitée en 2021-2022. Si les communes doivent se relever les manches, il en va de même pour les administrés qui font preuve d’incivisme en jetant encore trop facilement leurs pehu et ne respectant pas les points de collecte mis à disposition. En moyenne, chaque habitant produit environ 1 kilo de déchets par jour en Polynésie, c’est pourquoi chacun d’entre nous doit avoir une prise de conscience et œuvrer pour le bien-être de la collectivité. La production globale des déchets baisse régulièrement sur les douze dernières années (depuis la crise de 2008), et aussi chez les entreprises. La crise sanitaire de 2020 devrait encore accentuer ce fait, mais il est impératif de persévérer. La sensibilisation des enfants doit être une priorité ! Alors, en 2021, continuons de trier et protégeons notre fenua.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT