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Visages terribles et changeants de la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui


Vendredi 2 Octobre 2020 - écrit par Vaea Deplat


Claudine Jacques. Si ce nom ne vous évoque rien, nous vous conseillons de vous plonger sérieusement dans la littérature néo-calédonienne : cet auteur qui dédie sa vie depuis plus de vingt-cinq ans à la littérature en Océanie est une référence incontournable. Son engagement littéraire et culturel lui a d’ailleurs valu, en août dernier, le Grand Prix Culture et littérature et le Prix Arembo 2020 au lendemain de la sortie de son tout dernier ouvrage. Recueil de nouvelles publié par la maison d’édition polynésienne Au Vent des îles, Caledonia Blues irradie en une myriade de photographies sensibles et intimistes de la Nouvelle-Calédonie pré-référendum, entre tragique et rédemption.



Lors de la cérémonie de remise de prix, Claudine Jacques évoquait la genèse de Caledonia Blues : "Je suis souvent révoltée à la lecture des faits divers. Et souvent, ce sont des femmes qui trinquent. J’ai voulu leur donner une place prépondérante. Lorsque que j’apprends qu’une femme est morte rouée de coups, une autre lacérée au cutter, une autre violée, j’ai mal. Alors j’écris pour (…) que ce ne soit pas seulement la Une éphémère d’un journal, une histoire anonyme. Les violences faites aux femmes sont un fléau. (…) L’écrire, c’est agir." (Les Nouvelles Calédoniennes, 28 mai 2020)

Une réalité sociale outre-mer à l’aube de l’autodétermination
Écrire, agir, comme on respire. Ces nouvelles comme une bouffée d’oxygène au nom de toutes ces femmes, contre le silence et l’indifférence. Un véritable remontant contre ce "blues" causé par les dures réalités du quotidien. Au-delà de la cause des femmes, en filigrane, c’est aussi une vision pour l’avenir de son pays, aux portes de l’autodétermination. "Respirer, c’est bien ce que je souhaite à notre pays, respirer plus haut, plus large, intensément", concluait l’autrice, lors de la cérémonie...

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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT