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Yiling Changues, un vent de fraîcheur


Vendredi 10 Septembre 2021 - écrit par Pauline Sillinger


Depuis sa toute première exposition à la galerie Winkler en mai 2021, l’artiste Yiling Changues ne cesse de faire parler d’elle. Son art, à la fois intuitif et intellectuel, fascine le public polynésien. Yiling excelle dans le dessin, mais également dans l’écriture, qu’elle mélange volontiers à ses illustrations. La jeune femme est un véritable vent de fraîcheur dans la sphèreartistique polynésienne. Rencontre…



La naissance d’une artiste

Lors de sa participation à l’exposition collective “A Tomo Mai I Ava Uta” (galerie Winkler, juillet 2021), Yiling a fait le pari de laisser les visiteurs découvrir son carnet de travail, exposé sur un petit bureau. Crédit photo et illustrations : Yiling Changues
Lors de sa participation à l’exposition collective “A Tomo Mai I Ava Uta” (galerie Winkler, juillet 2021), Yiling a fait le pari de laisser les visiteurs découvrir son carnet de travail, exposé sur un petit bureau. Crédit photo et illustrations : Yiling Changues
L’art a toujours fait partie de la vie de Yiling et c’est donc tout naturellement qu’elle choisit cette voie pour ses études supérieures. À peine soufflées ses 17 bougies que la fille du fenua se retrouve projetée à Paris, capitale de l’art, pour entamer une licence en design graphique. “À l’époque, cela me rassurait d’étudier quelque chose de plus concret que l’art, tel qu’on l’étudie dans une école d’art. Et pourtant, dès que j’ai eu cette première licence en poche, j’ai voulu enchaîner sur une deuxième licence, cette fois-ci en arts plastiques”, nous explique-t-elle. Durant une année entière, Yiling étudie à
l’Université de la Sorbonne, avant d’intégrer l’école d’art d’Angoulême, où elle obtient son Diplôme national d’art (DNA).
Déjà bardée de diplômes, la jeune artiste ne se sent pourtant toujours pas la légitimité d’exercer. Elle veut approfondir ses connaissances, sa technique et développer les projets sur lesquels elle n’a pu travaillé en école d’art. Elle se retrouve une fois de plus sur les bancs de l’école pour un master en arts plastiques, qui durera deux ans. Pour son mémoire de fin d’études, elle choisit d’investiguer l’identité multiculturelle et, là, c’est un véritable déclic pour la jeune femme...

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Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT