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Désinscription: le retro-pédalage de Fritch à l'ONU?

Que s'est-il passé entre les réunions préalables et l'intervention en séance du Président Fritch?
Mardi le président Edouard Fritch est intervenu à la tribune de la 4ème commission de l'ONU en charge de la décolonisation. C'était la première fois qu'un autonomiste assistait aux débats. Par la voix de la Papouasie Nouvelle Guinée, le Président de la Polynésie a laissé entendre qu'il était favorable à la désinscription de la Polynésie française de la liste des Pays à décoloniser. Mais quelques heures plus tard, il revendiquait une position bien différente et affirmait n'avoir rien demandé de tel de manière directe. S'il est vrai que la demande n'a pas été faite de façon officielle, on peut s'interroger de l'intervention de la PNG qui répondait probablement à une demande effectuée lors de réunions préalables... Un changement de position qui interroge et que le Président devra expliquer...Peut-être que la présence (inhabituelle) de journalistes locaux dans la salle des négociations et la diffusion en direct des interventions dans les médias polynésiens a changé la donne et modifié le plan d'action du leader autonomiste. Les médias ne se contenteraient pas cette fois d'un simple communiqué de presse rédigé par un chargé de communication. .. les temps changent...




Médecine moderne pour les corps, mais pas encore pour l'économie

Ah, depuis que je suis à Tahiti (depuis 42 ans), je suis passé pour la première fois au "nouvel" hôpital, le Centre hospitalier du Taaone, pour quelques examens qui ont nécessité deux courts séjours. Et oui, je dois l’avouer, j’ai été impressionné !
Pas seulement par la modernité de l’équipement médical et électronique, mais aussi par le peu d’obstacles bureaucratiques (une fois qu’on a compris le système) pour accéder aux différents services et, surtout, par un personnel médical et de soins qui – étrangement – m’a replongé dans la gentillesse et le respect mutuel du Tahiti d’il y a 30 ans : de la ménagère au médecin chef, tous ont été charmants, faisant leur métier dans la bonne humeur, avec professionnalisme et un sourire quasi permanent.
On ressentait vraiment un esprit d’équipes unies qui éprouvaient un plaisir à se rendre à leur travail chaque jour, et cela à tous les échelons.
Ce plaisir à effectuer son métier est bien le plus important lorsqu’on choisit une profession (ou qu’elle vous choisit !)
Ah ! Quelle différence avec mon précédent passage à un hôpital que je me dois de vous conter, juste pour l’anecdote : c’était en 1962, j’avais 18 ans et avais alors vécu pendant neuf mois à Paris. Travaillant comme "ripeur" aux vieilles Halles, jeune, beau gosse musclé et entouré par nombre de "belles de nuit", j’avais choppé deux fois cette honte qu’on appelait alors la "chaude-pisse". Pour cela, il fallait aller à l’Hôtel-Dieu (construit sous Louis XV) où l'on soignait aux sulfamides, les antibiotiques étant alors encore un grand luxe.
Ah, que les hôpitaux ont changé depuis et, surtout, quel luxe d’avoir à Tahiti tous ces spécialistes et ces équipements (scanners, etc.) de la médecine moderne. Il faut rendre à César ce qui est à César et féliciter Gaston Flosse pour avoir pris l’initiative de créer ce centre hospitalier au milieu du Pacifique, même s’il a coûté le double de son devis, ce à quoi on pouvait s’attendre, spécificités de notre fenua obligent.
À part cela, il ne se saura rien passé de grandiose ces deux dernières semaines à Tahiti : quelques poses de premières pierres (même une chapelle !) avec l’habituel tralala médiatique. Mais malgré tous ces investisseurs potentiels chinois ou américains qui passent et s’enthousiasment, hélas pas un ne s’engage vraiment pour un nouveau grand projet. La réponse à ce problème se trouve peut-être dans l’explication de Bill Ravel, en page 14.
En vous souhaitant d’heureuses et prospères fêtes, tout en vous remerciant pour votre fidélité.

Alex W. du Prel