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Jacques Mérot, game over

Crédit photos : DR
L’ancien président de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) ne se remet toujours pas d’avoir été débarqué. Après un gros coup de chaud sous nos latitudes, Mérot a été mis en début d’année au “frigo” à Nantes, en qualité de président de section à la Chambre régionale des comptes (CRC) des Pays de la Loire (lire TPM n° 450)… Pour autant, il contestait sa démission d’office par la Présidence en juillet dernier. Cette fois, c’est définitivement acté : le Tribunal administratif de la Polynésie française (TAPF) a confirmé, le 11 mai dernier, la légalité de la procédure et a rejeté sa requête, donnant raison tant sur la forme que sur le fond au collège de l’APC à l’origine de sa destitution.
Accusé de graves manquements, comme le non-respect de l’impartialité inhérente à cette autorité administrative indépendante, Jacques Mérot avait notamment apporté son témoignage au soutien d’un cadre dirigeant du groupe Wane dans le cadre d’une procédure prud’homale, alors que ledit groupe Wane faisait l’objet d’enquêtes de l’APC dans l’affaire des boissons réfrigérées. Nous reviendrons plus en détails sur cette décision dans la rubrique “L’économie” de notre prochaine édition.
Désavoué par son propre collège et désormais le TAPF, Mérot est même condamné aux frais irrépétibles et doit payer 150 000 Fcfp au Pays. Après avoir perçu un salaire mensuel de 1,9 million de Fcfp pendant cinq ans, on se demande bien comment il parviendra à rembourser ses appartements et sa maison ! Quoi qu’il en soit, la récréation est terminée, et l’APC peut poursuivre sereinement sa mission : défendre les consommateurs polynésiens.

Dominique Schmitt






Bataille de matahiapo dans le bac à sable

Enfin ! Nous connaissons désormais les dates auxquelles pourrait se tenir la fameuse Table ronde de “haut niveau” sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, promise par le président de la République Emmanuel Macron : la réunion devrait avoir lieu les 1er et 2 juillet prochains, à Paris. Ce rendez-vous est une “chance” à “ne pas gâcher” selon Édouard Fritch. Mais tout le monde ne l’entend pas de la même oreille que “Doudou”, loin s’en faut ! La majorité des associations de victimes ont déjà annoncé qu’elles n’y participeront pas et les associations religieuses semblent suivre le pas. Dans le camp des opposants, on retrouve bien sûr le leader du Tavini, “Oscar One”, qui voit en cette décision de “Manu 1er” un refus “d’assumer le problème nucléaire en face à face avec le peuple polynésien” et estime qu’il “délocalise le problème à Paris, à 20 000 km de Papeete, pour mieux en contrôler l’agenda, les participants et les conclusions”. Et de scander : “Ni Maohi Nui ni Kanaky ne sont à vendre !”

Une personnalité politique regrette cependant de ne pas avoir été invitée : Gaston Flosse. L’ancien président autonomiste vient d’annoncer la création de son nouveau parti politique, Amuitahira’a o te Nuna’a Maohi, qui remplacera officiellement le Taohera’a Huiraatira en juillet prochain. Il y avait un moment que l’on n’avait plus vu le bout de la queue du “Vieux lion”. Mais le voilà qu’il surgit avec son projet d’État souverain associé à la France. Et rugit sa colère envers “Oscar One” qui a osé considérer, devant la presse, ce statut comme “de la merde”. Dans une lettre ouverte, il fustige son meilleur ennemi : “Après avoir exercé tant de hautes fonctions, et après 44 ans de discours, de gesticulations, de manifestations, de blocage et tant encore, où en es-tu de tes promesses d’indépendance aux Polynésiens ? (…) En vérité, tu as échoué.” Après avoir basculé, sans transition, du orange au bleu (clair), voilà donc que le patron du futur “Amuitahira’a”, ce nouveau parti censé regrouper toutes les sensibilités politiques, commence par attaquer le chef de file de l’indépendance… Tandis que nos étudiants passent l’épreuve inédite du grand oral du bac “nouvelle formule” – un examen sous haute bienveillance –, nos drôles de matahiapo se livrent, eux, à une énième bataille dans le bac à sable ! Au point que certains internautes se sont même amusés à les comparer aux marionnettes du célèbre Muppet Show !

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du contenu de cette Table ronde sur le nucléaire, qui risque fort de ressembler à “une coquille vide”, selon les termes du député Moetai Brotherson. D’autant plus agacé que sa proposition de loi “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” a été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle. La République en marche a estimé en effet que c’est la Table ronde du 1er et 2 juillet qui “doit permettre de mettre à plat tout cela”. Alors que peut-on espérer de cette réunion de “haut niveau” ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Regnault, maître de conférences honoraire et chercheur associé à l’UPF. Pour ce spécialiste, contributeur régulier de TPM : “C’est la géopolitique qui dictera l’attitude de Paris et non les revendications polynésiennes” (lire pages 8-9). Affaire à suivre…  

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT