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L’académie marquisienne prend le virage numérique

Crédit photo : DR
b[Depuis notre dernier article sur le sujet il y a un an (voir TPM n° 425 du 24 janvier 2020), l’académie marquisienne, Te pū tuhuka èo ènana, a fêté ses 20 ans. Mais les festivités, fortement perturbées par une année Covid, n’ont malheureusement pu se tenir comme prévu en 2020. Fort heureusement, le passage au numérique de la structure, elle, a bien avancé. Site Internet, page Facebook, l’académie revit désormais aux yeux du grand public.
Près de six mois après ce virage, il est temps de faire un point avec Jacques Iakopo Pelleau, à l’initiative
de cette digitalisation.]b

Après vingt ans d’existence, l’académie marquisienne a enfin entamé son virage digital. Il était temps, car, à l’ère du tout numérique, quelle organisation digne de ce nom compose et se viabilise sans fenêtre ouverte vers le digital ni outils de communication ? Dernièrement, l’intégration successive de deux nouveaux membres en les personnes de Jacques Iakopo Pelleau et Teiki Huukena a participé à fournir de nouvelles perspectives aux académiciens quant au fonctionnement de l’institution.
La mise en ligne du tout premier site Internet de l’académie s’est faite il y a près de six mois, en octobre 2020. Grâce à ce support désormais incontournable, des articles sont publiés chaque semaine pour informer le grand public du travail accompli et des réflexions sur la langue.
La création de contenus est assurée en français et marquisien par Jacques Iakopo Pelleau (lire aussi page 39), intégré à l’institution en 2019 et initiateur de cette ouverture au numérique, qui a pu voir le jour grâce à son dynamisme et à son lobbying. Fort de son expérience digitale réussie avec son site www.te-eo.com en ligne depuis 2014 et sur lequel on retrouve notamment un dictionnaire en ligne, des cours d’initiation à la langue marquisienne, ainsi que du contenu historique et des actualités sur la culture marquisienne. Avec la création de ce portail, le professeur d’anglais retraité (qui vit aux Marquises depuis 1995) a réussi le tour de force de réunir une communauté de 30 000 visiteurs, ainsi que de 4 100 abonnés grâce à la page Facebook éponyme.

Le public au rendez-vous

Six mois écoulés depuis la mise en ligne du site www.academiemarquisienne.com, on peut dire que l’institution, constituée en loi association 1901, a su trouver son public : déjà près de 2 500 visites ont été enregistrées en seulement quatre mois, et près de 70 nouvelles personnes par semaine. C’est dire si cette digitalisation était attendue et correspond à un besoin des Polynésiens de se tenir informés des problématiques et des projets portés par les tuhuka. La page Facebook éponyme n’est pas en reste : 1 000 abonnés ont été enregistrés depuis le 1er décembre dernier, avec la visite de 7 000 personnes par mois grâce à la publication des articles hébergés sur le site. “L’article le plus lu avec 800 lectures est un compte-rendu des réunions hebdomadaires de l’académie. Les gens s’intéressent à nos travaux de près”, se félicite Jacques Iakopo. Tout ce contenu s’avère précieux, non seulement au regard de la constitution d’archives, mais également de l’accès à ces informations pour les institutions similaires dans toute l’Océanie ou les chercheurs en linguistique.

Maintenant que le volet communication est opérationnel, les membres de l’académie peuvent se consacrer à la rédaction de leur dictionnaire, un grand projet qui va les tenir en haleine au long des prochaines années. Reste désormais à prendre aussi en main le volet événementiel, afin que l’institution aille à la rencontre du public. Gageons que ce sera là la prochaine grande mission de l’académie à l’horizon 2021-2022.

Pour suivre l’académie Te pū tuhuka èo ènana :
www.academiemarquisienne.com
www.facebook.com/AcademieMarquisienne


Vaea Deplat






Tahiti Pacifique : 30 ans… et toutes nos dents !

“Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.”

Alex W. du Prel avait fait sienne cette citation percutante de René Char (1907-1988), poète et résistant français. Fondé le 9 mai 1991, Tahiti Pacifique Magazine fête aujourd’hui ses 30 ans ! Qui aurait cru que la revue “poil à gratter” créée par Alex survivrait pendant trois décennies ? Sûrement pas les politiques de l’époque, notamment Gaston Flosse et les Orange, qui ont alimenté régulièrement les colonnes de TPM… N’en déplaise à nos détracteurs, malgré une vingtaine de procès émanant de la Présidence ou de son entourage (lire notre interview exclusive d’Alex du Prel, page 35), Tahiti Pacifique est toujours debout, avec toutes ses dents. Et du mordant, votre magazine n’en manque pas ! Bimensuel d’information et de culture, ayant pour devise “Une goutte de liberté dans l’océan”, Tahiti Pacifique est l’unique magazine d’investigation en Polynésie. Nous proposons aux lecteurs une actualité décryptée et des dossiers de fond. Enquêtes et reportages, brèves et confidences, humour, caricatures de presse, chroniques, tribunes, articles économiques, littéraires, culturels… il y en a pour tous les goûts. Notre force : la pluralité des opinions et des plumes. Notre ambition : “Ensemble, faisons bouger les lignes !

Dominique SCHMITT