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CORONAVIRUS : l'Australie lance le débat sur le vaccin obligatoire


Jeudi 20 Août 2020 - écrit par AFP




©AFP
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L'Australie a lancé, mercredi dernier, le débat sur la nécessité pour les pays de rendre obligatoire le futur vaccin contre le coronavirus, alors que des contaminations repartent à la hausse et que les restrictions se multiplient dans le monde. "Il y a toujours des exemptions à la vaccination, pour des raisons médicales, mais cela devrait être la seule", a déclaré le Premier ministre Scott Morrison à la radio 3AW de Melbourne. Se faire vacciner devrait "être obligatoire", a-t-il estimé. Devançant les critiques des mouvements anti-vaccin, M. Morrison a affirmé que les enjeux étaient trop grands pour permettre à la maladie de continuer à se propager librement. "Nous parlons d'une pandémie qui a détruit l'économie mondiale et provoqué des centaines de milliers de morts dans le monde", a-t-il dit.
Les restrictions se durcissent à travers la planète : le Liban se reconfine, la Corée du Sud ferme des entreprises jugées à risque et l'île de Malte ses boîtes de nuit. Après une forte hausse du nombre de cas au Liban, les autorités ont décrété un reconfinement de plus de deux semaines du pays, à partir de vendredi et jusqu'au 7 septembre, assorti d'un couvre-feu quotidien de 18 heures à 6 heures locales.

"Vaccin prometteur"

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans la région Asie-Pacifique, la maladie est actuellement propagée par des jeunes qui parfois ne savent pas qu'ils sont contaminés. "L'épidémie est en train de changer. Les personnes d'une vingtaine, trentaine et quarantaine d'années sont de plus en plus à l'origine de la menace", a dit le directeur de la région du Pacifique occidental de l'OMS, Takeshi Kasai. Selon un bilan établi mardi par l'AFP à partir de sources officielles, la pandémie a fait au moins 774 832 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre. L'Australie a indiqué qu'elle allait obtenir un vaccin "prometteur" après avoir passé un accord avec le groupe pharmaceutique AstraZeneca, selon son Premier ministre, assurant que le pays le fabriquerait et le distribuerait gratuitement.
En Grèce, le ministre de la Santé a déclaré qu'il espérait recevoir un premier lot de vaccins d'ici décembre, en vertu d'un accord entre l'UE et AstraZeneca. Un vaccin chinois sera également bientôt testé au Pakistan, tandis que l'Afrique du Sud s'apprête à lancer cette semaine les essais cliniques d'un vaccin conçu aux États-Unis.

Cibler "ceux qui en ont le plus besoin"

Pour la distribution à venir du futur vaccin, l'OMS a une nouvelle fois plaidé en faveur de son dispositif d'accès au vaccin. "Nous devons prévenir le nationalisme vaccinal", a déclaré le directeur général de l'Organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, plaidant pour une mise en commun des outils permettant à la planète de combattre le Covid-19. Une position que le pape François a rejoint en appelant depuis le Vatican à ne pas réserver les vaccins "aux plus riches". Le futur vaccin doit cibler d'abord "ceux qui en ont le plus besoin", alors que la pandémie a déjà fait "augmenter" les inégalités dans le monde, a plaidé le souverain pontife durant sa traditionnelle audience du mercredi.

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Bataille de matahiapo dans le bac à sable

Enfin ! Nous connaissons désormais les dates auxquelles pourrait se tenir la fameuse Table ronde de “haut niveau” sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, promise par le président de la République Emmanuel Macron : la réunion devrait avoir lieu les 1er et 2 juillet prochains, à Paris. Ce rendez-vous est une “chance” à “ne pas gâcher” selon Édouard Fritch. Mais tout le monde ne l’entend pas de la même oreille que “Doudou”, loin s’en faut ! La majorité des associations de victimes ont déjà annoncé qu’elles n’y participeront pas et les associations religieuses semblent suivre le pas. Dans le camp des opposants, on retrouve bien sûr le leader du Tavini, “Oscar One”, qui voit en cette décision de “Manu 1er” un refus “d’assumer le problème nucléaire en face à face avec le peuple polynésien” et estime qu’il “délocalise le problème à Paris, à 20 000 km de Papeete, pour mieux en contrôler l’agenda, les participants et les conclusions”. Et de scander : “Ni Maohi Nui ni Kanaky ne sont à vendre !”

Une personnalité politique regrette cependant de ne pas avoir été invitée : Gaston Flosse. L’ancien président autonomiste vient d’annoncer la création de son nouveau parti politique, Amuitahira’a o te Nuna’a Maohi, qui remplacera officiellement le Taohera’a Huiraatira en juillet prochain. Il y avait un moment que l’on n’avait plus vu le bout de la queue du “Vieux lion”. Mais le voilà qu’il surgit avec son projet d’État souverain associé à la France. Et rugit sa colère envers “Oscar One” qui a osé considérer, devant la presse, ce statut comme “de la merde”. Dans une lettre ouverte, il fustige son meilleur ennemi : “Après avoir exercé tant de hautes fonctions, et après 44 ans de discours, de gesticulations, de manifestations, de blocage et tant encore, où en es-tu de tes promesses d’indépendance aux Polynésiens ? (…) En vérité, tu as échoué.” Après avoir basculé, sans transition, du orange au bleu (clair), voilà donc que le patron du futur “Amuitahira’a”, ce nouveau parti censé regrouper toutes les sensibilités politiques, commence par attaquer le chef de file de l’indépendance… Tandis que nos étudiants passent l’épreuve inédite du grand oral du bac “nouvelle formule” – un examen sous haute bienveillance –, nos drôles de matahiapo se livrent, eux, à une énième bataille dans le bac à sable ! Au point que certains internautes se sont même amusés à les comparer aux marionnettes du célèbre Muppet Show !

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du contenu de cette Table ronde sur le nucléaire, qui risque fort de ressembler à “une coquille vide”, selon les termes du député Moetai Brotherson. D’autant plus agacé que sa proposition de loi “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” a été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle. La République en marche a estimé en effet que c’est la Table ronde du 1er et 2 juillet qui “doit permettre de mettre à plat tout cela”. Alors que peut-on espérer de cette réunion de “haut niveau” ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Regnault, maître de conférences honoraire et chercheur associé à l’UPF. Pour ce spécialiste, contributeur régulier de TPM : “C’est la géopolitique qui dictera l’attitude de Paris et non les revendications polynésiennes” (lire pages 8-9). Affaire à suivre…  

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT