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Nouvelle-Calédonie : le nouveau haut-commissaire veut “développer le dialogue”


Vendredi 18 Juin 2021 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : DR
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Le nouveau haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Patrice Faure, a pris ses fonctions samedi dernier, six mois jour pour jour avant le 3e et dernier référendum d’autodétermination, en vue duquel il entend “développer le dialogue” et “gommer” les “aspérités”. 
Il arrive dans un archipel isolé par la crise sanitaire – l’accès au territoire ne se fait que sur motif impérieux et les voyageurs y sont soumis à une quarantaine stricte en hôtel allant jusqu’à 14 jours. 
Et en pleine crise politique : le gouvernement à majorité indépendantiste élu le 17 février a échoué par quatre fois à élire son président et n’a pu entrer en fonction. 
Enfin, le pays a connu en décembre et janvier derniers les plus graves heurts depuis les années 1980, dans un conflit politisé lié à la vente d’une usine de nickel. 
Nommé en Conseil des ministres en mai, M. Faure, 53 ans, était jusque-là préfet du Morbihan. Il a six mois pour organiser le déroulement serein de la consultation du 12 décembre sur l’indépendance. 
Il entend “développer le dialogue retissé à Paris” du 27 mai au 3 juin, a-t-il indiqué dans un entretien. 
Lors de ce séminaire avec loyalistes et indépendantistes sous l’égide du Premier ministre et du ministre des Outre-mer, a été fixée la date du 12 décembre pour le référendum.
M. Faure rencontrera à partir de lundi “l’ensemble des élus” pour “établir une façon de travailler, un agenda” afin que “l’ensemble des sujets soient traités d’ici au référendum” et ce, “en toute transparence”. 
Parmi ces sujets, figure l’éventuelle réouverture d’une période d’inscription sur la liste électorale référendaire. Le choix de la date de la consultation, fixée comme le prévoient les textes par l’État français, ne fait pas l’unanimité, une partie des indépendantistes souhaitant qu’elle se déroule en 2022.
Nous allons faire en sorte d’aplanir ces différends et voir de quelle façon nous pouvons gommer ces aspérités”, a indiqué M. Faure qui se dit “intimement persuadé que tout va rentrer dans l’ordre parce qu’il y a un dialogue, qui est vraiment ouvert aujourd’hui, que nous allons entretenir et renforcer.
Un Comité des signataires se tiendra à Paris ou Nouméa “au plus tard au mois de juillet”, a-t-il confirmé. La participation du Premier ministre “dépendra des discussions” qui auront lieu la semaine prochaine.
Concernant la sécurisation du référendum, M. Faure indique que “les renforts de gendarmerie” attendus seront dimensionnés en fonction de scénarios qui “ont fait l’objet d’un travail de fond”.
Lors du second référendum, qui s’était tenu le 4 octobre 2020, des débordements avaient été constatés aux abords de certains bureaux de vote. 

Source : Agence France-Presse

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT