Menu

Câble de l’OPT : soupçons de favoritisme et de corruption dans l’attribution du marché


Vendredi 23 Avril 2021 - écrit par les Nouvelles Calédoniennes




L’OPT est propriétaire du câble international Gondwana (construit par ASN pour 4,6 milliards de Fcfp, il relie Nouméa à Sydney) et du câble domestique Picot qui rejoint Poindimié à Ouvéa et Lifou. Crédit photo : archives LNC
L’OPT est propriétaire du câble international Gondwana (construit par ASN pour 4,6 milliards de Fcfp, il relie Nouméa à Sydney) et du câble domestique Picot qui rejoint Poindimié à Ouvéa et Lifou. Crédit photo : archives LNC
Le parquet national financier s’intéresse de près aux conditions d’attribution du marché de la pose d’un second câble sous-marin à la société ASN, filiale de Nokia. Les gendarmes sont sur le coup.
Une procédure de plus dans une affaire qui n’en manquait pas. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national financier (PNF) en janvier concernant l’appel d’offres de l’OPT portant sur la pose d’un second câble sous-marin international pour sécuriser le réseau internet. Révélées par Le Canard Enchaîné, les investigations, que nous sommes en mesure de confirmer de sources judiciaires, visent les chefs de favoritisme, de prise illégale d’intérêts et de corruption d’agents publics.

De multiples recours

La justice regarde de plus près la décision d’avril 2020 du conseil d’administration de l’OPT, présidé par Yoann Lecourieux, en charge du budget et des finances au gouvernement, qui avait attribué à l’unanimité le marché à Alcatel Submarine Networks (ASN) pour son câble appelé Gondwana 2. L’appel d’offres avait été lancé en mars 2019 avec une condition : le câble devait se relier à Fidji. Retenue par l’OPT, conformément à l’avis de la commission d’appel d’offres, la société ASN, filiale de Nokia, était la seule en lice. Le montant du marché : 4,47 milliards de Fcfp.
Cette décision de se raccorder à Fidji avait alors provoqué l’ire d’un concurrent, l’entreprise Hawaïki, qui avait répondu à un précédent appel d’offres, finalement déclaré infructueux en 2018. Par l’intermédiaire de sa filiale, la SCCI (Société calédonienne de connectivité internationale), elle proposait un câble (le Tomoo) qui irait au tuyau existant Hawaïki, reliant l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Une nouvelle procédure judiciaire donc, parce que le contentieux entre l’établissement public et la SCCI ne date pas d’hier. La filiale d’Hawaïki a multiplié les recours devant le tribunal administratif et l’Autorité de la concurrence, contestant notamment le monopole de l’OPT sur les télécommunications internationales, et n’hésitant pas à interjeter appel ou à se pourvoir en cassation. Selon nos informations, ce sont les enquêteurs de la gendarmerie de la Section de recherches, installés à la caserne Meunier à Nouméa, qui ont été saisis pour y voir plus clair et déterminer notamment si une société a été favorisée plutôt qu’une autre.
Contacté, Yoann Lecourieux n’a pas souhaité commenter l’information. Pas plus que Steffen Holtz, le gérant de la SCCI, qui a déclaré vouloir “laisser la justice faire son travail”.

Source : Les Nouvelles calédoniennes


Dans la même rubrique
< >

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel





Tahiti Pacifique : 30 ans… et toutes nos dents !

“Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.”

Alex W. du Prel avait fait sienne cette citation percutante de René Char (1907-1988), poète et résistant français. Fondé le 9 mai 1991, Tahiti Pacifique Magazine fête aujourd’hui ses 30 ans ! Qui aurait cru que la revue “poil à gratter” créée par Alex survivrait pendant trois décennies ? Sûrement pas les politiques de l’époque, notamment Gaston Flosse et les Orange, qui ont alimenté régulièrement les colonnes de TPM… N’en déplaise à nos détracteurs, malgré une vingtaine de procès émanant de la Présidence ou de son entourage (lire notre interview exclusive d’Alex du Prel, page 35), Tahiti Pacifique est toujours debout, avec toutes ses dents. Et du mordant, votre magazine n’en manque pas ! Bimensuel d’information et de culture, ayant pour devise “Une goutte de liberté dans l’océan”, Tahiti Pacifique est l’unique magazine d’investigation en Polynésie. Nous proposons aux lecteurs une actualité décryptée et des dossiers de fond. Enquêtes et reportages, brèves et confidences, humour, caricatures de presse, chroniques, tribunes, articles économiques, littéraires, culturels… il y en a pour tous les goûts. Notre force : la pluralité des opinions et des plumes. Notre ambition : “Ensemble, faisons bouger les lignes !

Dominique SCHMITT