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Carnet de voyage signé Julien Girardot


Vendredi 12 Juin 2020 - écrit par Vaea Deplat


"Dix années dans les îles, cela mérite bien une rétrospective !", s’enthousiasme le photographe Julien Girardot, à l’approche de l’inauguration de sa toute première exposition individuelle au fenua. Initialement prévue en mars à la Galerie Winkler, l’"exposition-carnet de voyage" a dû être mise en suspens pendant le confinement, avant de pouvoir être reprogrammée ce mois-ci. Fort heureusement, car il aurait été bien regrettable que le "voyageur au long cours" ne puisse nous dévoiler la puissance de ses "lignes d’horizon" îliennes.



"Derrière la ligne d’horizon, il y a toujours une île mystérieuse à découvrir…" Visiteur au long cours, Julien Girardot souhaite partager avec le public son expérience des îles, leur force, leur douceur, les traditions qui les habitent et les paysages uniques qui les épousent. L’exposition – 35 photographies – se découvre comme un carnet de voyage. Pour ramener ces images, le photographe prend son temps, suit le rythme des îles et s’y installe parfois pour mieux comprendre les rouages d’une vie qui diffère tellement des continents. Au fil des clichés, l’histoire d’une décennie s’y raconte, celle tout d’abord de l’île Rodrigues dans l’océan Indien, où tout a commencé, il y a dix ans, avec la goélette scientifique Tara. Viennent ensuite les Tuamotu, les Gambier, les îles de la Société, une virée à Rapa Nui, puis les incroyables îles Marquises. Des moments rares, des rencontres inoubliables, chaque photographie est une mémoire de vie, un partage, qui dépasse le simple cadre de l’image. C’est par ces mots empreints de poésie que la galerie Winkler nous invite à la découverte de ce carnet de voyage îlien, jusqu’au 23 juin...

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT