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Covid-19 : prolongation du confinement et du couvre-feu jusqu’au 29 avril


Jeudi 9 Avril 2020 - écrit par Dominique Schmitt


Le haut-commissaire et le président de la Polynésie française se sont exprimés, lors d'une conférence de presse en fin de matinée, afin de faire le point sur les premières semaines de mesures contre la propagation du coronavirus au fenua.



Alors que la population doit respecter le confinement général depuis le 20 mars 2020, et que le Pays et l'État avaient déjà reconduit, le 27 mars dernier, la prolongation du confinement jusqu'au 15 avril et instauré un couvre-feu, il a été décidé de prolonger ces mesures encore deux semaines.

Comme on pouvait s'y attendre, avec 51 cas confirmés de Covid-19, les autorités appellent ainsi la population à rester encore chez elle, et ce jusqu'au 29 avril 2020. Le couvre-feu, entre 20 heures et 5 heures du matin, est aussi maintenu. Toutes les autres mesures, comme l'arrêt des liaisons aériennes, l'interdiction de se déplacer entre les îles, ou encore l'interdiction de la vente d'alcool sont également toujours d'actualité.

"Il sera très difficile de réduire à néant cette épidémie", a précisé le haut-commissaire, qui concède qu'il s'agit surtout de "ralentir" la propagation du virus.

"L'activité économique doit se poursuivre, et le télétravail doit être privilégié et favorisé", a-t-il répété.


"Nous avons mobilisé toute notre trésorerie pour gérer cette crise" , a rappelé Édouard Fritch.

À propos des Polynésiens bloqués en Métropole, "nous avons conscience que c'est un lourd sacrifice pour ces personnes", mais c'est "nécessaire", a-t-il aussi martelé.

Cependant, "le prochain vol de continuité pourra rapatrier des personnes en évasan à Paris".


Et de conclure : "Je veux vous faire confiance pour que chacun respecte les gestes barrière et le confinement, j'aimerais aussi sortir au plus vite de ce tunnel", en demandant à chacun de "prendre sur soi".





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Covid-19 : ces héros du quotidien qui sont au front…

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Il aura fallu attendre une crise sanitaire à l’échelle planétaire provoquée par un satané virus invisible pour rendre visibles ceux qui travaillent dans l’ombre... Activités économiques en veille, arrêt total des liaisons aériennes, professionnels de santé sur le qui-vive, la pandémie de Covid-19 qui frappe le monde (plus de 80 000 morts, le 7 avril) bouleverse également le quotidien des Polynésiens. Depuis le confinement général imposé à la population, le 20 mars dernier, la vie tourne au ralenti au fenua (lire pages 15 à 17) et chacun tente de "survivre", de s’en sortir sans sortir. Aussi, la décision du président M. Édouard Fritch de suspendre la vente d’alcool pendant toute la durée de cet enfermement forcé n’a pas été au goût de tous, beaucoup estimant que leur liberté individuelle était encore bafouée. Lutter en restant confiné chez soi, d’accord. Mais sans boire un coup, la coupe est pleine ! Et puis, s’il y a, ici comme ailleurs, des "cons finis" qui se considèrent au-dessus du lot et des lois, il y a aussi des héros du quotidien. Beaucoup de citoyens ont dû arrêter de travailler, mais certains sont encore au front. Par choix ou par nécessité. Eux, ce sont les aides-soignants, les infirmiers, les caissiers, les pompistes, les livreurs…

Notre envoyée spéciale, Suliane Favennec, est allée à la rencontre de ces travailleurs qui sont en première ligne (lire pages 18 à 27). Son reportage, étayé de nombreux portraits, révèle que ces hommes et ces femmes, potentiellement en contact direct avec le coronavirus, sont souvent dépourvus d’armes et improvisent au mieux ! En effet, le Pays a du mal à s’organiser sur le plan sanitaire et manque de matériel médical, surtout de respirateurs artificiels et de masques chirurgicaux, notamment les FFP2, pour lutter contre la propagation de la maladie. Les commandes peinent à être honorées, tandis que d’autres ont été littéralement détournées par le pays de l’oncle Sam. Aussi, un article de France Inter nous rappelle comment la France a sacrifié sa principale usine de masques, en Bretagne, et a fermé en 2018 après avoir été rachetée par le géant américain Honeywell. Le responsable de ce fiasco : l’État français, qui s’était engagé à commander à l’entreprise des millions de masques chaque année, avant de se retirer lâchement… Plus grave encore, une enquête de Mediapart a apporté, la semaine dernière, les preuves d’un mensonge d’État grâce à de nombreux témoignages et documents confidentiels. Et d’évoquer la gestion chaotique au sommet du pouvoir français, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques.

Dans cette édition spéciale coronavirus, la rédaction de Tahiti Pacifique vous propose également l’analyse de notre économiste au sujet du plan d’urgence mis en place par le gouvernement et l’État. Christian Montet détaille ainsi les aides apportées aux patentés et aux entreprises, ces "sinistrés" qui attendent avec grande impatience l’heure de la relance économique. Selon lui, "la gageure consiste à retourner au plus vite à la vie (presque) normale, tout en essayant d’éviter que l’épidémie ne reprenne" (lire pages 30-31). En ces temps de confinement, retrouvez par ailleurs des articles pratiques, à l’instar des conseils santé d’Hélène S. Pechin, naturothérapeute, qui préconise de redécouvrir les ressources naturelles que nous avons à porter de main. En effet, fruits, légumes, plantes… quoi de mieux que l’alimentation traditionnelle polynésienne pour booster notre système immunitaire (lire pages 28-29) ? Embarquez aussi avec Pauline Sillinger pour votre nouvelle rubrique, "L’éco-évasion". Cette jeune consultante en développement durable, originaire de Tahiti, vous emmène en voyage autour du monde et vous invite à découvrir des destinations insolites avec un regard différent, celui d’une passionnée d’écologie (lire pages 44-45). Enfin, puisque nos sorties sont devenues essentiellement virtuelles, votre agenda s’adapte : Vaea Deplat a déniché les bons plans en ligne pour faire entrer la culture chez vous (lire pages 50-51). Bon courage à tous et, surtout, prenez soin de vous et de vos proches.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt