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Le Pôle de santé mentale (PSM) en "Position latérale de sécurité" (PLS)

Crédit photo : Sébastien Petit
Il n'y a pas que le Village tahitien qui a du mal à sortir de terre. Alors que le marché du chantier du Pôle de santé mentale (PSM) a été attribué en novembre 2016, le futur hôpital psychiatrique est toujours un terrain vague qui attend les premiers coups de pelle. Si le directeur de l'ex-TNAD – devenu "Grands projets de Polynésie" – Rémi Grouzelle, affirmait le 27 février dernier, lors de l'inauguration de leurs nouveaux locaux, que les grues étaient en cours d'installation sur le chantier du PSM, elles se font encore attendre.
Victimes d'un contentieux avec l'entreprise Boyer (attributaire du lot "Terrassement et gros œuvre"), depuis mi-2017, sur la qualité des sols et les risques que les travaux pourraient occasionner sur les maisons aux alentours, les travaux semblent encore et toujours à l'arrêt, alors que l'inauguration était prévue pour... fin 2019. À l'heure où nous écrivons ces lignes, mi-mars 2020 (avant le confinement, ndlr), le "chantier" n'est que tuyaux et fils empilés, monticules de terre entassés, baraques de chantier délaissées et autres engins abandonnés.
D’après nos informations, le contentieux, loin d'être résolu, est encore très vivace. Pénalités de retard et frais d'immobilisation seraient ainsi décomptés. Lors de la pose de la première pierre, fin 2016, Édouard Fritch insistait sur le fait que "le besoin de renforcer l’offre de santé mentale en Polynésie française était à la fois urgent et incontestable". En "Position latérale de sécurité" (PLS), le PSM est apparemment de moins en moins urgent et de plus en plus contesté.

(S.P.)





Covid-19 : ces héros du quotidien qui sont au front…

Covid-19 : ces héros du quotidien qui sont au front…
Il aura fallu attendre une crise sanitaire à l’échelle planétaire provoquée par un satané virus invisible pour rendre visibles ceux qui travaillent dans l’ombre... Activités économiques en veille, arrêt total des liaisons aériennes, professionnels de santé sur le qui-vive, la pandémie de Covid-19 qui frappe le monde (plus de 80 000 morts, le 7 avril) bouleverse également le quotidien des Polynésiens. Depuis le confinement général imposé à la population, le 20 mars dernier, la vie tourne au ralenti au fenua (lire pages 15 à 17) et chacun tente de "survivre", de s’en sortir sans sortir. Aussi, la décision du président M. Édouard Fritch de suspendre la vente d’alcool pendant toute la durée de cet enfermement forcé n’a pas été au goût de tous, beaucoup estimant que leur liberté individuelle était encore bafouée. Lutter en restant confiné chez soi, d’accord. Mais sans boire un coup, la coupe est pleine ! Et puis, s’il y a, ici comme ailleurs, des "cons finis" qui se considèrent au-dessus du lot et des lois, il y a aussi des héros du quotidien. Beaucoup de citoyens ont dû arrêter de travailler, mais certains sont encore au front. Par choix ou par nécessité. Eux, ce sont les aides-soignants, les infirmiers, les caissiers, les pompistes, les livreurs…

Notre envoyée spéciale, Suliane Favennec, est allée à la rencontre de ces travailleurs qui sont en première ligne (lire pages 18 à 27). Son reportage, étayé de nombreux portraits, révèle que ces hommes et ces femmes, potentiellement en contact direct avec le coronavirus, sont souvent dépourvus d’armes et improvisent au mieux ! En effet, le Pays a du mal à s’organiser sur le plan sanitaire et manque de matériel médical, surtout de respirateurs artificiels et de masques chirurgicaux, notamment les FFP2, pour lutter contre la propagation de la maladie. Les commandes peinent à être honorées, tandis que d’autres ont été littéralement détournées par le pays de l’oncle Sam. Aussi, un article de France Inter nous rappelle comment la France a sacrifié sa principale usine de masques, en Bretagne, et a fermé en 2018 après avoir été rachetée par le géant américain Honeywell. Le responsable de ce fiasco : l’État français, qui s’était engagé à commander à l’entreprise des millions de masques chaque année, avant de se retirer lâchement… Plus grave encore, une enquête de Mediapart a apporté, la semaine dernière, les preuves d’un mensonge d’État grâce à de nombreux témoignages et documents confidentiels. Et d’évoquer la gestion chaotique au sommet du pouvoir français, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques.

Dans cette édition spéciale coronavirus, la rédaction de Tahiti Pacifique vous propose également l’analyse de notre économiste au sujet du plan d’urgence mis en place par le gouvernement et l’État. Christian Montet détaille ainsi les aides apportées aux patentés et aux entreprises, ces "sinistrés" qui attendent avec grande impatience l’heure de la relance économique. Selon lui, "la gageure consiste à retourner au plus vite à la vie (presque) normale, tout en essayant d’éviter que l’épidémie ne reprenne" (lire pages 30-31). En ces temps de confinement, retrouvez par ailleurs des articles pratiques, à l’instar des conseils santé d’Hélène S. Pechin, naturothérapeute, qui préconise de redécouvrir les ressources naturelles que nous avons à porter de main. En effet, fruits, légumes, plantes… quoi de mieux que l’alimentation traditionnelle polynésienne pour booster notre système immunitaire (lire pages 28-29) ? Embarquez aussi avec Pauline Sillinger pour votre nouvelle rubrique, "L’éco-évasion". Cette jeune consultante en développement durable, originaire de Tahiti, vous emmène en voyage autour du monde et vous invite à découvrir des destinations insolites avec un regard différent, celui d’une passionnée d’écologie (lire pages 44-45). Enfin, puisque nos sorties sont devenues essentiellement virtuelles, votre agenda s’adapte : Vaea Deplat a déniché les bons plans en ligne pour faire entrer la culture chez vous (lire pages 50-51). Bon courage à tous et, surtout, prenez soin de vous et de vos proches.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt