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Décès du premier Polynésien de Covid-19 : les condoléances d'Edouard Fritch


Jeudi 10 Septembre 2020 - écrit par Dominique SCHMITT




Crédit photo : Greg. Boissy
Crédit photo : Greg. Boissy
"Je viens d’apprendre, avec peine et surtout une infinie tristesse, le décès du premier Polynésien des suites de la pandémie de Covid-19. Je sais que ce décès va marquer chaque Polynésienne et chaque Polynésien.
Je voudrais, en mon nom et au nom du gouvernement de la Polynésie française, adresser à sa famille et à ses proches nos condoléances, et leur apporter le soutien de tout le Pays pour cette épreuve si dure. Notre Fenua, vous le savez, est touché, comme le monde entier, par cette terrible pandémie. Nous vivons déjà et vivrons des moments difficiles, qu’il soit question de la maladie, de l’emploi et plus généralement, de notre manière de vivre.
Mais nous ne lâcherons rien. Nous n’abandonnerons aucun des nôtres. Nous nous battrons jusqu’au bout. Je tiens ici à saluer et remercier, du fond du cœur, tous les personnels soignants en première ligne. Mais aussi tous les ambulanciers, pompiers, transporteurs sanitaires, mutoi et agents du Pays notamment mobilisés dans cette lutte. Merci également aux bénévoles qui se lèvent : nous aurons besoin de chacune et de chacun. Vous l’avez compris. Nous gagnerons tous ensemble. Nous gagnerons en respectant les gestes barrière notamment le port du masque qui semble difficile mais qui est si important pour protéger les plus vulnérables d’entre nous : les personnes âgées, les personnes en longue maladie, notamment les diabétiques, les cardiaques, les obèses ou les dialysés. Nous devons, instinctivement, respecter les gestes barrière. Nous devons garder nos distances et nous protéger ainsi, les uns les autres. Nous devons le comprendre et l’accepter afin d’éviter que ce virus se répande trop rapidement."
 
EDOUARD FRITCH
 
Source : Présidence


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Bataille de matahiapo dans le bac à sable

Enfin ! Nous connaissons désormais les dates auxquelles pourrait se tenir la fameuse Table ronde de “haut niveau” sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, promise par le président de la République Emmanuel Macron : la réunion devrait avoir lieu les 1er et 2 juillet prochains, à Paris. Ce rendez-vous est une “chance” à “ne pas gâcher” selon Édouard Fritch. Mais tout le monde ne l’entend pas de la même oreille que “Doudou”, loin s’en faut ! La majorité des associations de victimes ont déjà annoncé qu’elles n’y participeront pas et les associations religieuses semblent suivre le pas. Dans le camp des opposants, on retrouve bien sûr le leader du Tavini, “Oscar One”, qui voit en cette décision de “Manu 1er” un refus “d’assumer le problème nucléaire en face à face avec le peuple polynésien” et estime qu’il “délocalise le problème à Paris, à 20 000 km de Papeete, pour mieux en contrôler l’agenda, les participants et les conclusions”. Et de scander : “Ni Maohi Nui ni Kanaky ne sont à vendre !”

Une personnalité politique regrette cependant de ne pas avoir été invitée : Gaston Flosse. L’ancien président autonomiste vient d’annoncer la création de son nouveau parti politique, Amuitahira’a o te Nuna’a Maohi, qui remplacera officiellement le Taohera’a Huiraatira en juillet prochain. Il y avait un moment que l’on n’avait plus vu le bout de la queue du “Vieux lion”. Mais le voilà qu’il surgit avec son projet d’État souverain associé à la France. Et rugit sa colère envers “Oscar One” qui a osé considérer, devant la presse, ce statut comme “de la merde”. Dans une lettre ouverte, il fustige son meilleur ennemi : “Après avoir exercé tant de hautes fonctions, et après 44 ans de discours, de gesticulations, de manifestations, de blocage et tant encore, où en es-tu de tes promesses d’indépendance aux Polynésiens ? (…) En vérité, tu as échoué.” Après avoir basculé, sans transition, du orange au bleu (clair), voilà donc que le patron du futur “Amuitahira’a”, ce nouveau parti censé regrouper toutes les sensibilités politiques, commence par attaquer le chef de file de l’indépendance… Tandis que nos étudiants passent l’épreuve inédite du grand oral du bac “nouvelle formule” – un examen sous haute bienveillance –, nos drôles de matahiapo se livrent, eux, à une énième bataille dans le bac à sable ! Au point que certains internautes se sont même amusés à les comparer aux marionnettes du célèbre Muppet Show !

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du contenu de cette Table ronde sur le nucléaire, qui risque fort de ressembler à “une coquille vide”, selon les termes du député Moetai Brotherson. D’autant plus agacé que sa proposition de loi “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” a été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle. La République en marche a estimé en effet que c’est la Table ronde du 1er et 2 juillet qui “doit permettre de mettre à plat tout cela”. Alors que peut-on espérer de cette réunion de “haut niveau” ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Regnault, maître de conférences honoraire et chercheur associé à l’UPF. Pour ce spécialiste, contributeur régulier de TPM : “C’est la géopolitique qui dictera l’attitude de Paris et non les revendications polynésiennes” (lire pages 8-9). Affaire à suivre…  

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT