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Expo “TUPUNA -> TRANSIT” au Musée de Tahiti et des îles


Jeudi 18 Avril 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Depuis le 30 mars, le Musée de Tahiti et des îles présente une centaine de pièces emblématiques des cinq archipels de la Polynésie, issues notamment de la salle d’exposition permanente des collections, qui est fermée depuis septembre 2018. Durant l’intervalle des travaux, les œuvres des tupuna (ancêtres) déménagent, d’où l’opportunité de les accompagner dans ce voyage et de les éclairer sous un jour nouveau.



La salle d’exposition permanente étant fermée depuis septembre 2018 en raison des travaux de rénovation, le Musée de Tahiti et des îles - Te Fare Manaha (MTI) avait à cœur de ne pas fermer ses portes et d’offrir malgré tout au public des rendez-vous culturels pendant cette période charnière. C’est ainsi qu’est née l’exposition “TUPUNA TRANSIT”, qui sera proposée durant un an et demi, soit jusqu’au 20 septembre 2020. Cet événement présente une centaine de pièces issues des collections du MTI et représentatives des
cinq archipels de la Polynésie. Les visiteurs peuvent découvrir une mise en scène particulière, évoquant l’histoire de l’institution muséale, mais également son avenir et les enjeux auxquels l’équipe scientifique est actuellement confrontée pour bâtir le musée de demain.
Miriama Bono, la directrice de l’établissement, explique : “C’est une exposition à plusieurs tiroirs, très conceptuelle, avec différents niveaux de lecture et de nombreux clins d’œil.” Le premier espace est ainsi consacré notamment à l’histoire et l’avenir du MTI avec une présentation des enjeux du projet de rénovation, notamment pour expliquer au public le contexte de cette exposition. “Cette chronologie permet de montrer que nous sommes une institution qui évolue”, ajoute Miriama Bono. Le deuxième espace est ensuite consacré aux objets emblématiques des collections du Musée, représentant la Société, les Marquises, les Australes, les Tuamotu et les Gambier. Les objets sont présentés sur quatre grandes pirogues (il n’y avait pas assez d’espace pour un cinquième va’a), symboles par excellence du voyage, références à la fois aux grandes migrations polynésiennes mais également au transit actuel des collections.

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De reports en reports

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À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier