Menu

L’Australie rejette la déclaration de la Chine déconseillant aux étudiants de s’y rendre


Vendredi 12 Juin 2020 - écrit par Agence France-Presse




Les autorités et les principales universités australiennes ont rejeté, mercredi dernier, la déclaration de la Chine déconseillant à ses étudiants de se rendre dans ce pays pour y étudier. Pour justifier cet avertissement, le ministère chinois de l’Éducation a invoqué mardi “de multiples cas de discrimination à l’encontre des Asiatiques en Australie” à la faveur de l’épidémie de coronavirus, apparue fin 2019 en Chine. Cette déclaration est intervenue alors que Pékin a très mal pris en avril la suggestion de Canberra d’ouvrir une enquête internationale sur la gestion par la Chine de l’apparition du nouveau coronavirus. Pékin avait violemment réagi à cette demande en brandissant dans un premier temps la menace d’un boycott des produits australiens par les consommateurs chinois.
Depuis, elle a également déconseillé à ses touristes et ses étudiants de s’y rendre. Les étudiants chinois sont de loin les plus nombreux parmi les étrangers à suivre des études en Australie, et ils constituent une véritable manne pour les universités du pays. Le ministre australien de l’Éducation, Dan Tehan, a réagi mercredi, rappelant que son pays, multiculturel, accueillait des visiteurs du monde entier. Soulignant la manière dont l’Australie a jugulé l’épidémie, il a rejeté la déclaration de Pékin “selon laquelle l’Australie est une destination peu sûre pour les étudiants étrangers”. Vicki Thomson, directrice générale du groupe des huit universités les plus prestigieuses d’Australie, a déclaré “être très inquiète” si Pékin dissuade ses étudiants de se rendre en Australie.
Nous n’avons reçu aucune preuve que des problèmes de discrimination raciale se produisent sur nos campus”, selon Mme Thomson soulignant que les campus étaient actuellement quasi vides. Elle a également déploré que le secteur universitaire se retrouve “au milieu” de ces tensions géopolitiques. Les universités australiennes sont déjà confrontées à d’immenses pertes, estimées à 10 milliards d’euros, en raison de l’absence d’étudiants étrangers à la suite de la fermeture des frontières pour lutter contre le coronavirus. La semaine dernière, le ministère chinois du Tourisme avait invité ses ressortissants à éviter les voyages en Australie. Lundi, le ministère chinois des Affaires étrangères avait dressé un tableau alarmant de la situation des personnes d’origine asiatique dans l’île-continent.

Source : Agence France-Presse

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !

Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !
La tournure qu’a prise “l’affaire Radio Tefana” impliquant Oscar Temaru a indigné un grand nombre d’entre nous. Après le grand recul de l’État français sur les indemnisations des victimes des essais nucléaires en Polynésie, dont le mépris détonant a explosé à la figure du Pays, la volonté de “dépayser” (à Nouméa finalement) le procès opposant le procureur de la République, Hervé Leroy, au leader indépendantiste interroge… Si la présidente du tribunal considère qu’il n’est pas envisageable de juger le responsable du parquet de sa propre juridiction, l’avocat de M. Temaru estime, lui, qu’il s’agit d’un “déni de démocratie”. Pour rappel, alors que le conseil municipal de Faa’a a accordé la protection fonctionnelle à son édile pour payer ses frais de justice liés à l’affaire Radio Tefana, M. Leroy a exigé une saisie pénale de 11,55 millions de Fcfp sur le compte personnel de M. Temaru. Pour protester contre cette opération “injustifiée” et un “acharnement judiciaire de l’État français à son encontre”, ce dernier a ainsi entrepris une grève de la faim le 8 juin. Ne parvenant pas à obtenir une audience avec M. Leroy, malgré le soutien d’une centaine de sympathisants réunis devant le palais de justice, M. Temaru l’a finalement assigné en référé pour “atteinte à la présomption d’innocence”.

La polémique gronde et défraye la chronique, ici et ailleurs, la presse nationale se demandant même “à quoi joue l’État ?”. Ce qui est indéniable, c’est que M. Temaru, souvent cantonné au rôle de martyr, a cette fois bénéficié d’une mobilisation importante et su fédérer les cœurs, bien au-delà d’un parti politique. En obtenant le soutien de nombreuses personnalités de tous horizons, ainsi que d’une vingtaine d’associations, de confessions religieuses, de syndicats ou de partis politiques rassemblés au sein du collectif Nuna’a a ti’a ("Peuple lève-toi, avance pour la paix") – à l’origine de la marche du 20 juin –, il s’est imposé en Metua (“père spirituel”). Par sa détermination et son pacifisme, on ne peut s’empêcher de penser à Pouvana’a a Oopa, condamné et exilé en 1959 pour un crime qu’il n’avait pas commis, bien que “le manque de recul” ne permette pas la comparaison, selon le spécialiste du sujet Jean-Marc Regnault, l’une des grandes plumes de Tahiti Pacifique et chroniqueur des “Pages d’Histoire”. D’ailleurs, l’historien publie simultanément deux ouvrages aux éditions ’Api Tahiti, qui lancent la série “Rivalités et moins si affinités” : Gaston Flosse, un Chirac des tropiques ? et Oscar Temaru, l’Océanie au cœur (lire page 12). Et l’auteur de mettre en perspective les deux hommes politiques, éternels “meilleurs ennemis” : “En 2020, ils entretiennent l’ambiguïté. Vont-ils s’entendre contre l’État pour en finir avec le statut d’autonomie dont ni l’un, ni l’autre ne veulent plus ? Vont-ils s’entendre pour tenter de chasser un gouvernement autonomiste qui ne gouverne pas vraiment différemment (…) ? Rivalités, donc, mais desquelles peuvent naître des affinités… électives ou autres.” L’avenir nous le dira, mais on sent bien que ce gouvernement – qui préfère poser du gazon synthétique sur le front de mer plutôt que miser sur la permaculture et les jardins partagés pour pallier la crise socio-économique inéluctable – ne parvient pas à satisfaire la majorité de la population. Aussi, le divorce est consommé au sommet du gouvernement, et il se murmure déjà qu’un remaniement ministériel est imminent…

C’est donc une rentrée mouvementée qui s’annonce ! En attendant, je profite de l’occasion pour vous informer que la rédaction de Tahiti Pacifique fera une trêve durant le mois de juillet, et ce chaque année, afin de permettre à tous les journalistes, chroniqueurs et autres contributeurs qui le souhaitent de prendre des congés annuels mérités et se ressourcer. L’objectif est aussi de mieux vous retrouver, avec toujours plus de dossiers de fond et encore d’autres nouveautés ! Les parutions de votre magazine préféré reprendront à compter du vendredi 7 août, toujours au rythme bimensuel. Merci pour votre confiance et à très bientôt.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT