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La Première ministre des Samoa tire le signal d’alarme avant la COP26


Vendredi 10 Septembre 2021 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : AFP
Crédit photo : AFP
Le monde doit prendre des décisions urgentes contre le changement climatique lors du sommet des Nations unies à Glasgow ou les États insulaires de faible altitude connaîtront un avenir “désastreux”, a averti la nouvelle Première ministre des Samoa dans une interview (photo ci-contre).
Fiame Naomi Mata’afa, entrée en fonction en juillet, a tracé des perspectives dramatiques pour les îles du Pacifique si les efforts pour contrer le réchauffement climatique n’avancent pas.
La montée des eaux a déjà commencé à submerger les atolls de la région, a assuré Mme Mata’afa, citant des archipels comme les Tokelau, Tuvalu et Kiribati.
Pour eux, la situation est bien réelle et actuelle, l’eau gagne du terrain sur eux”, a-t-elle souligné, ajoutant que le sud du Pacifique était traversé par de plus en plus de cyclones violents.
Auparavant, les tempêtes majeures “se produisaient tous les 50 à 60 ans, maintenant, c’est tous les deux à trois ans”, a-t-il ajouté.
De notre côté, nous avons constaté un effet sur nos zones côtières, et la côte représente près de 70 % de notre pays”.
La 26e édition de la conférence mondiale sur le climat (COP26), qui doit se tenir dans la ville écossaise de Glasgow en novembre, est érigée en priorité.
Des négociateurs de 196 pays participeront à ce sommet mondial, la plus grande conférence sur le climat depuis la COP21 de Paris en 2015.
Mme Mata’afa a exhorté les participants à honorer les objectifs ambitieux fixés à Paris visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius par rapport à la période pré-industrielle.
À cette fin, la cheffe du gouvernement des Samoa a rappelé que les pays émetteurs de CO2 devaient préférer le sauvetage de la planète à leur croissance économique, ajoutant : “Ce n’est pas sorcier.
Le Pacifique a longtemps été une voix isolée dans le débat, mais je pense que les conseillers scientifiques ont orienté la réflexion mondiale dans ce sens.

Une relation “mature” avec la Chine

La responsable politique de 64 ans a reconnu sa déception vis-à-vis de la grande puissance régionale, l’Australie, qui refuse d’adopter l’objectif de zéro émission nette de carbone et reste l’un des principaux exportateurs mondiaux de combustibles fossiles.
Quand vous travaillez dans un collectif comme nous le faisons dans le Pacifique, l’Australie en fait partie”, a-t-elle souligné.
C’est frustrant, mais c’est la réalité de la vie, on ne peut pas toujours être d’accord.
Mme Mata’afa s’est aussi offusquée de remarques émises en Australie suggérant que les Samoa ne comprenaient pas les risques que présente une relation étroite avec la Chine, qui cherche à étendre son influence dans le Pacifique.
Ce qu’ils disaient, c’est que nous n’étions pas aussi nuancés sur la manière d’entretenir des relations avec ces grands pays”, a-t-elle estimé.
Nous sommes indépendants depuis 1962, donc nous connaissons bien la question. Je pense que nous comprenons assez bien quelles sont nos relations, tout comme l’Australie a ses propres relations.”
Le nouveau gouvernement qu’elle dirige n’a aucune intention de revenir sur sa reconnaissance du régime de Pékin et de la politique de la “Chine unique”, même s’il reste ouvert au commerce avec Taïwan, a-t-elle assuré.
Quant à l’annulation d’un projet de port financé par Pékin et initié par son prédécesseur, la Première ministre a minimisé son impact, assurant que ce projet n’était qu’au stade de l’étude de faisabilité et que son annulation n’entamerait pas la relation “mature” avec la Chine.
Interrogée sur la rivalité entre la Chine et les États-Unis dans la région, Mme Mata’afa a assuré être à l’aise à traiter avec les deux superpuissances dans l’intérêt des Samoa.
Dans le contexte géopolitique, la réalité pour les petits pays, c’est que nous avons à nous frayer un chemin entre ces plus grands pays et les questions qu’ils abordent en priorité”, a-t-elle expliqué.

Source : Agence France-Presse


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Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

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Dominique SCHMITT