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La première femme écrivain et peintre dans le Pacifique


Vendredi 12 Mars 2021 - écrit par Riccardo Pineri


Constance Gordon-Cumming (1837-1924) est née à Altyre, en Écosse, d’une famille aisée de l’aristocratie anglaise. Autodidacte, elle a reçu les rudiments de peinture de la part de nombreux artistes qui fréquentaient la maison familiale, notamment de l’un des peintres préférés de la reine Victoria, Edwin Landseer. Elle voyagera dans le Pacifique entre 1868 et 1880, ancêtre des artistes-voyageuses comme Renée Hamon, l’amie de Colette, qui passera vingt mois en Polynésie sur les traces de Gauguin ; Titayna, journaliste et écrivain, qui parcourt le monde de 1925 à 1939 ; Ella Maillart, partie à la découverte de l’Asie Centrale dans les années 1930.



Une représentation de l’avenue de la Fautaua en 1877, avec le diadème en arrière-plan, provenant du livre i[A Lady’s Cruise on a French Man-of-War]i, écrit et illustré par Constance Gordon-Cumming et publié en 1882
Une représentation de l’avenue de la Fautaua en 1877, avec le diadème en arrière-plan, provenant du livre i[A Lady’s Cruise on a French Man-of-War]i, écrit et illustré par Constance Gordon-Cumming et publié en 1882
Nous ne possédons qu’un portrait de Constance Gordon-Cumming. Selon le style de l’époque victorienne (1837-1901), elle est photographiée de profil sur un guéridon typique des intérieurs cossus de la bourgeoisie et de l’aristocratie anglaise, habillée d’une robe de style victorien. Tout est ici composé, dans un portrait où l’époque se donne à voir, plutôt que l’individu. Il faut remarquer comment cette voyageuse peintre et écrivain ne nous a pas laissé de témoignages de sa personne dans les innombrables paysages visités, hormis cette icône qui nous transporte aux origines de la photographie. Cinquante ans après, les artistes du XXe siècle nous donneront à profusion les témoignages photographiques de leurs voyages, comme si le sujet central était celui du voyageur en train de se voir voyager...

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Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT