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Le Vanuatu à la veille de l’indépendance (1980-2020)


Vendredi 18 Décembre 2020 - écrit par Dominique SCHMITT




Àl’occasion du 40e anniversaire de l’indépendance du Vanuatu, proclamée le 30 juillet 1980, Philippe Prudhomme réédite son ouvrage consacré à la petite République océanienne. C’est en 1978, alors que l’archipel se nomme encore les Nouvelles-Hébrides, que l’auteur, professeur de français, a l’idée de publier un petit livre à compte d’auteur au retour d’une exploration avec ses élèves.
Le succès est tel que le bouquin est traduit en anglais. L’enseignant est même missionné par le ministère de la Culture pour écrire un ouvrage sur l’ensemble de l’archipel, qui paraît en 1979. Après une deuxième édition à Paris, Philippe Prudhomme “perd tout dans un incendie, mais retrouve un seul exemplaire de ce document collector”. Ainsi, il a décidé de rééditer cette année son livre, augmenté d’une introduction et d’une conclusion.

L’ami de Bougainville

Grand défenseur de la langue française, l’auteur distille parfois entre les lignes un message anti-Anglais. Il confie par ailleurs : “Il n’y a pas d’argent, les enfants sont parrainés pour payer leur scolarité, les problèmes de santé sont nombreux… C’est une économie de subsistance dans une société frappée par la paupérisation et l’insécurité.” Des “mutations inévitables”, selon lui.
Amoureux de la Polynésie depuis 1977 (où il est à la retraite depuis 2004), il a contribué à faire encore plus connaître Bougainville grâce à son site “Les Amis de Bougainville” (175 000 visiteurs), ainsi que plusieurs ouvrages dédiés au célèbre marin et explorateur français. Très productif, on lui doit aussi des polars, un livre sur Diderot et même un essai
philosophique, Homo Coronavirus.


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La mémoire des essais nucléaires au risque d’Alzheimer…

Après la publication de notre dossier consacré à une arnaque au tapa “made in Thailand” envahissant le marché polynésien (lire TPM n° 445 du 18 décembre 2020), qui a suscité l’indignation dans le monde de la culture, le soutien du Pays affiché aux artisans quelques jours plus tard devant les médias étonne pour ne pas dire détone… En effet, le gouvernement a laissé filer un trafic de “faux tapa” qui inonde depuis une vingtaine d’années les curios, les musées et même aujourd’hui certains hôtels de luxe, mais il n’hésite pas à s’afficher fièrement en grand défenseur des artisans pour une opération lancée dans les magasins Carrefour et Champion pour les fêtes de fin d’année. Cherchez l’erreur…

Autre actualité qui nous fait dresser les poils, au rayon des archives militaires cette fois : l’historien Jean-Marc Regnault nous alerte sur la récente complexification de l’accès des documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale. Alors que la loi du 15 juillet 2008 relative aux archives, inscrite dans le code du patrimoine, prévoyait un délai de cinquante ans pour autoriser leur consultation, une révision des dispositions en 2011 a précisé que tout document portant un marquage “Secret Défense”, dit “classifié au titre du secret de la défense nationale”, devait être déclassifié par l’autorité compétente avant communication… Eh bien figurez-vous que la situation s’est aggravée depuis 2020 en raison d’une interprétation de plus en plus restrictive de cette instruction interministérielle, qui a entraîné le blocage de nombreux fonds aux Archives nationales, aux Archives du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris, comme aux archives de la Défense. En clair, cela signifie que des documents qui étaient librement communicables et communiqués, des documents qui avaient été publiés dans de nombreux livres d’Histoire, sont désormais… inaccessibles ! C’est l’objet de notre dossier de Une pour ce premier numéro de l’année (lire pages 14 à 16). Pourquoi l’État poursuit-il sa politique de l’autruche et fait tout pour cacher la vérité historique ? Y aurait-il tant de secrets inavoués et inavouables ? La reconnaissance du fait nucléaire serait-elle un perpétuel combat ? D’ailleurs, y aura-t-il jamais un Centre de mémoire des essais en Polynésie ? La question est posée.

Enfin, parce que nous aimons aussi vous faire vous évader, retrouvez notre portrait haut en couleur de Titouan Lamazou (lire pages 18 à 25). Artiste talentueux et navigateur insatiable, celui qui a été piqué au tiare il y a plus de quarante ans déjà a décidé de poser l’encre et les pinceaux au fenua. Découvrez un homme d’exception, qui confie avoir une “empathie sociale congénitale”, mais également un peintre de génie, qui a eu à cœur de créer une gamme de produits dérivés de ses œuvres privilégiant une coopération locale avec l’ambition d’une production 100% “made in Tahiti. Un bel exemple d’énergie positive, dont nous devrions nous inspirer. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique vous souhaite, chers lecteurs, une excellente année et vous adresse ses meilleurs vœux pour 2021.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT