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Le rāhui et ses enjeux dans la Polynésie actuelle


Jeudi 11 Juillet 2019 - écrit par Ariitaimai Amary


Un collectif composé de quatre auteurs (François Gaulme, Christian Montet, Thierry Paulais et Tamatoa Bambridge) a écrit Communs et océan – Le rāhui en Polynésie. Ce livre s'appuie notamment sur la définition des communs d'Elinor Ostrom, prix Nobel de l'économie, et il a pour ambition de comparer les grands principes posés par cette dernière aux réalités de Polynésie. C'est, par ailleurs, l'occasion pour le lecteur de revenir à la racine du rāhui et d'observer ses déclinaisons dans la Polynésie actuelle.



Ceci est l'illustration qui figure sur la première de couverture. Cette frise semble rappeler les différentes interactions entre l'Homme, la faune et la flore qui régissent le monde. Crédit photo : Ariitaimai Amary
Ceci est l'illustration qui figure sur la première de couverture. Cette frise semble rappeler les différentes interactions entre l'Homme, la faune et la flore qui régissent le monde. Crédit photo : Ariitaimai Amary
Communs et océan – Le rāhui en Polynésie est donc un livre écrit par un collectif de quatre auteurs, chacun spécialiste dans son domaine (ethnohistoire, sciences économiques, économie et anthropologie). Il est composé de six chapitres, dont deux historiques, qui posent bien les différentes caractéristiques du rāhui. S'il est commun de penser que cette restriction était un attribut des ari'i, ces derniers n'en avaient pas le monopole. Dans le premier chapitre, il est mention du fait que des statuts inférieurs, comme les manahune ou les ra'atira, pouvaient avoir un pouvoir de rāhui sur le territoire qu'ils contrôlaient directement. Suite à ces deux chapitres historiques, arrivent les études de cas. Celles-ci consistent à analyser notamment le Plan de gestion de l'espace maritime (PGEM) de Moorea, le rāhui de Teahupoo et de la zone biosphère de Fakarava. Pour les différents cas à l'étude, une attention particulière était apportée à l'articulation en termes de résolution des conflits, de régulation de l'autorité et de composition. Ce livre met au jour les différentes méthodes utilisées pour préserver les communs via le rāhui, mais il interroge aussi profondément cette même pratique...

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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT