Menu

Les "orange" ou tanguent ou prennent leurs quartiers divers


Vendredi 4 Septembre 2020 - écrit par Maeva Takin




Caramba ! Encore raté !

Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
On vous l’avait bien dit : c’est un complot contre le quasi-nonagénaire ! Comme ça, brutalement, soi-disant après effusions au "Piment rouge", tous n’étaient pas morts, mais tous étaient atteints, comme écrivait Jean de La Fontaine (j’aurais préféré "étaient tatins" même si ça fait un peu tarte). Alors, la présidence rouge et le subrécargue de l’État, pour une fois copains selon la formule "les ennemis de mes ennemis sont mes amis", sautèrent sur l’occasion. Tout rassemblement de plus de 50 personnes fut interdit et même, pour être sûr de gêner le susdit rū’au, de 10 personnes alors que le même susdit espérait encore lancer son grand rassemblement. Un rassemblement, vous savez, c’est quand un parti qui ne rassemble plus annonce en créer un. Autrefois, en Métropole, quand une minorité quittait un parti, elle en fondait un nouveau qu’elle appelait "parti unifié". La dissidence, c’est l’unité… Chez nous, c’est plus subtil. Si un tāhō’ēra’a ne fonctionne plus, on crée une ’āmuitahira’a. Les deux mots ne sont pas tout à fait synonymes. Le second signifie "fédération", c’est juridique, c’est plus savant. Ça en jette !

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 438 en cliquant ICI


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




“Champions du monde” de Covid : on dit merci qui ?

Après notre titre de "champions d’Outre-mer" lorsque le fenua a réussi l’exploit, le mois dernier, d’être la seule collectivité ultramarine à se voir imposer un couvre-feu, voilà que nous prenons du galon en montant sur la première marche du podium des pays qui enregistrent le taux d’incidence le plus élevé de la planète. Si, si, avec 1 603 cas pour 100 000 habitants (du 29 octobre au 11 novembre 2020), nous sommes devenus "champions du monde" de coronavirus devant Andorre (1 378) et la République tchèque (1 330), selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ! Le summum de l’aberration a été atteint la semaine dernière quand on a appris que les touristes hexagonaux étaient interdits de… Polynésie. Depuis le reconfinement de la Métropole, le motif dérogatoire touristique qui figure dans l’arrêté du haut-commissaire (en vigueur jusqu’au 16 décembre) n’est en effet plus considéré comme une raison valable. On pourrait croire à une mauvaise blague, mais non, c’est bien la triste réalité.
Nous qui étions “Covid-Free” et misions tout sur le tourisme extérieur pour sauver l’économie locale, on peut dire que c’est ballot ! À vouloir courir plusieurs lièvres à la fois, changer de stratégie et ne pas mettre des contrôles sanitaires stricts lors de la réouverture de nos frontières, les autorités ont perdu sur tous les tableaux et font sombrer notre économie… Les petits commerces mettent la clé sous la porte les uns après les autres, de même que certaines pensions. Par ailleurs, la décision de fermer les salles de sport a suscité l’incompréhension de nombre d’entre nous qui crient à l’incohérence, alors que les lycéens s’entassent dans les classes. Pourquoi ne pas avoir pris des mesures adaptées, comme c’est le cas dans d’autres secteurs ? Surtout que le profil des personnes hospitalisées est une majorité de patients obèses, diabétiques et hypertendus. Le Covid tue les personnes en mauvaise santé, et on empêche les gens de faire du sport et de renforcer leur immunité… C’est d’autant plus aberrant chez nous, avec une partie de la population dite “à risques”. C’est le serpent qui se mord la queue !
Pendant ce temps, le Bureau de veille sanitaire (BVS), en sous-effectif, est quasiment injoignable, tellement il est débordé. Il n’y a aucun contrôle des cas positifs et encore moins de suivi des cas contacts. En changeant de protocole sans réaliser de vraie communication, les autorités ont réussi à embrouiller l’esprit des citoyens, qui ne savent même plus s’ils doivent aller travailler ou rester chez eux lorsqu’ils sont cas contacts. Et on se demande encore comment on a du mal à limiter la propagation du virus ? Nos dirigeants, ici et en Métropole, répètent assumer entièrement leurs responsabilités, mais tous ces morts doivent commencer à devenir pesants !
Si on ne peut plus voir ses amis, ni assister à un événement culturel, ou même faire du sport, il nous reste une seule solution pour éviter la sinistrose : en profiter pour retrouver les plaisirs des sens, les plaisirs de la Vie… Alors, on dit merci qui ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT