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Londres vise un accord de principe avec l’Australie début juin


Vendredi 21 Mai 2021 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : AFP
Crédit photo : AFP
Le Royaume-Uni est engagé dans “un sprint final” en vue de conclure un accord commercial de principe avec l’Australie début juin, a indiqué la ministre britannique du Commerce international, Liz Truss. 
Nous sommes actuellement dans un sprint final dans l’espoir d’avoir un accord de principe d’ici début juin”, a déclaré Mme Truss devant une commission parlementaire. 
Elle a assuré que cet accord de libre-échange avec l’Australie profiterait à “toutes les nations et régions du Royaume-Uni, ainsi qu’à tous les secteurs, y compris l’agriculture”. 
Liz Truss est désireuse de conclure ce premier accord commercial majeur pour le Royaume-Uni depuis le Brexit avant le sommet des dirigeants du G7 mi-juin dans les Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre). Mais des membres du gouvernement ont fait part de leurs inquiétudes quant à son impact pour l’agriculture et l’élevage britanniques. 
Le Financial Times évoquait ainsi cette semaine l’existence de deux lignes qui s’opposent au sein du gouvernement, sans que le Premier ministre Boris Johnson n’ait encore tranché.
D’un côté, Liz Truss et le ministre des Relations avec l’Union européenne David Frost défendent un accord sans droits de douane avec l’Australie, qui serait très avantageux pour les producteurs de bœuf et agneau australiens, plus industrialisés.
De l’autre, le ministre de l’Environnement et de l’Agriculture George Eustice et le ministre d’État Michael Gove craignent que les agriculteurs britanniques n’en fassent les frais.
Liz Truss a assuré qu’elle veillerait à “toujours faire en sorte (...) que les agriculteurs britanniques ne soient pas pénalisés par des pratiques déloyales venant d’ailleurs”. 
Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le gouvernement de Boris Johnson a pour projet, qualifié de “Global Britain”, de négocier des accords commerciaux dans le monde, qui seront selon lui plus avantageux que ceux négociés par l’UE. Mais cette volonté peut se heurter à celle de préserver certains secteurs d’activité ou normes sanitaires ou environnementales. 
L’accord avec l’Australie serait le premier à ne pas être simplement un renouvellement ou une adaptation des accords existants entre l’UE et d’autres pays.
Le Royaume-Uni a déjà obtenu des accords avec l’UE et le Japon, et est en discussions, en dehors de l’Australie, avec les États-Unis, l’Inde et la Nouvelle-Zélande. Des négociations vont débuter avec le Canada et le Mexique.

Source : Agence France-Presse

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Bataille de matahiapo dans le bac à sable

Enfin ! Nous connaissons désormais les dates auxquelles pourrait se tenir la fameuse Table ronde de “haut niveau” sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, promise par le président de la République Emmanuel Macron : la réunion devrait avoir lieu les 1er et 2 juillet prochains, à Paris. Ce rendez-vous est une “chance” à “ne pas gâcher” selon Édouard Fritch. Mais tout le monde ne l’entend pas de la même oreille que “Doudou”, loin s’en faut ! La majorité des associations de victimes ont déjà annoncé qu’elles n’y participeront pas et les associations religieuses semblent suivre le pas. Dans le camp des opposants, on retrouve bien sûr le leader du Tavini, “Oscar One”, qui voit en cette décision de “Manu 1er” un refus “d’assumer le problème nucléaire en face à face avec le peuple polynésien” et estime qu’il “délocalise le problème à Paris, à 20 000 km de Papeete, pour mieux en contrôler l’agenda, les participants et les conclusions”. Et de scander : “Ni Maohi Nui ni Kanaky ne sont à vendre !”

Une personnalité politique regrette cependant de ne pas avoir été invitée : Gaston Flosse. L’ancien président autonomiste vient d’annoncer la création de son nouveau parti politique, Amuitahira’a o te Nuna’a Maohi, qui remplacera officiellement le Taohera’a Huiraatira en juillet prochain. Il y avait un moment que l’on n’avait plus vu le bout de la queue du “Vieux lion”. Mais le voilà qu’il surgit avec son projet d’État souverain associé à la France. Et rugit sa colère envers “Oscar One” qui a osé considérer, devant la presse, ce statut comme “de la merde”. Dans une lettre ouverte, il fustige son meilleur ennemi : “Après avoir exercé tant de hautes fonctions, et après 44 ans de discours, de gesticulations, de manifestations, de blocage et tant encore, où en es-tu de tes promesses d’indépendance aux Polynésiens ? (…) En vérité, tu as échoué.” Après avoir basculé, sans transition, du orange au bleu (clair), voilà donc que le patron du futur “Amuitahira’a”, ce nouveau parti censé regrouper toutes les sensibilités politiques, commence par attaquer le chef de file de l’indépendance… Tandis que nos étudiants passent l’épreuve inédite du grand oral du bac “nouvelle formule” – un examen sous haute bienveillance –, nos drôles de matahiapo se livrent, eux, à une énième bataille dans le bac à sable ! Au point que certains internautes se sont même amusés à les comparer aux marionnettes du célèbre Muppet Show !

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du contenu de cette Table ronde sur le nucléaire, qui risque fort de ressembler à “une coquille vide”, selon les termes du député Moetai Brotherson. D’autant plus agacé que sa proposition de loi “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” a été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle. La République en marche a estimé en effet que c’est la Table ronde du 1er et 2 juillet qui “doit permettre de mettre à plat tout cela”. Alors que peut-on espérer de cette réunion de “haut niveau” ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Regnault, maître de conférences honoraire et chercheur associé à l’UPF. Pour ce spécialiste, contributeur régulier de TPM : “C’est la géopolitique qui dictera l’attitude de Paris et non les revendications polynésiennes” (lire pages 8-9). Affaire à suivre…  

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT