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Marquises : la chorale de Hapatoni enregistre son premier CD


Jeudi 18 Avril 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Emmenée par Teuiatua Léonne Tauhiro, la chorale de Hapatoni, aux Marquises, a enregistré un CD intitulé “Te Tanieka O Taiuoho”. Produit par TBA21 Academy, l’opus a été conçu et mis en pages par l’artiste polynésien Alexander Lee.



En janvier 2017, une expédition conduite par Francesca Von Habsburg, archiduchesse autrichienne, collectionneuse et amatrice d’art, se rend à Hapatoni, aux Marquises, avec pour mission d’observer l’impact des humains sur l’océan. À bord du Dardanella se trouvent notamment des scientifiques, des chercheurs et des artistes contemporains, dont le plasticien polynésien Alexander Lee. L’artiste explique : “Lors de notre passage à Hapatoni, Léonne Tauhiro, la chef de la chorale, nous avait reçus dans sa vallée et nous a montré la petite chapelle dans laquelle le groupe de chant se réunit. C’est ainsi que Markus Reymann, le directeur de TBA21 Academy, le département de la recherche de la Fondation Thyssen-Bornemisza Art Contemporary, a eu l’idée de les enregistrer et de produire un CD pour les remercier de leur accueil.”
C’est grâce à cette belle rencontre que le CD “Te Tanieka O Taiuoho” a donc pu voir le jour. “Une œuvre qui existe depuis la génération de nos parents”, rapporte Teuiatua Léonne Tauhiro. Et de préciser : “Composée d’au moins six à sept personnes, la chorale n’a pas un nombre exact de chanteurs. Au départ, elle était uniquement religieuse ; aujourd’hui, nous avons intégré notre culture et nos traditions au sens large. C’est pourquoi, parmi les huit chants enregistrés dans notre petite église paroissiale, deux sont culturels et les autres sont religieux. Nous possédons un répertoire très riche. Les textes en langue marquisienne sont composés lorsqu’il y a un événement, des rassemblements, des déplacements dans les îles ou autres manifestations. Là, nous composons des chants suivant chaque thème choisi. Les huit chants ont été composés ainsi.” 

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Confiture et déconfitures…

Confiture et déconfitures…
Le landerneau polynésien a été agité ces dernières semaines. D'abord, on a appris que l'affaire JPK faisait de nouveaux remous et remontait à la surface plus de 21 ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, avec la garde à vue, puis la mise en examen pour "meurtre" de l'ex-compagne et de l'ami du journaliste, Miri Tatarata et Francis Stein, respectivement directrice de l'Environnement et directeur adjoint du Service de la culture et du patrimoine. L'occasion pour Tahiti Pacifique de se replonger dans ses archives et de rappeler comment la politique peut peser sur la justice (lire page 38). C'est valable encore aujourd'hui avec, comme piqûre de rappel, ce nouvel épisode dans l'affaire Te Maru Ata, où des propriétaires "irréductibles" font face depuis plus de vingt ans à l'obstination du promoteur du lotissement, Bill Ravel (lire page 16), qui a bénéficié à plusieurs reprises du soutien politique de Jean-Christophe Bouissou, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, en charge des Transports interinsulaires maritimes et aériens, et porte-parole du gouvernement. Tous deux sont sous le coup d'une mise en examen pour "soupçons de corruption" aux côtés d'Emmanuel Sztejnberg-Martin, ancien responsable de la communication du haut-commissariat.
La même semaine, celle où l'on a célébré l'autonomie du Pays, une salve de condamnations et de mises en examen a ébranlé le fenua. Notre ex-président, Gaston Flosse, et notre actuel président, Édouard Fritch, ont été condamnés dans l'affaire de la citerne d'Erima : le premier a écopé de 2 ans de prison avec sursis, 10 millions de Fcfp d’amende et 3 ans d’inéligibilité ; quant au second, il lui est réclamé 5 millions de Fcfp d’amende et 46,3 millions de Fcfp de dommages et intérêts. Les deux hommes, ancien et actuel maires de Pirae, ont été accusés de "détournement de fonds publics" pour avoir fait supporter aux administrés de Pirae l’adduction en eau au domicile de Gaston Flosse, à Arue, depuis 1989. Ils ont décidé de faire appel de ces décisions. Dans la foulée, trois chefs de service locaux ont été mis en examen : deux pour meurtre (cités plus haut) et un pour proxénétisme de mineurs de moins de 15 ans (il sera jugé en comparution immédiate le 18 juillet, aux côtés de deux chefs d'entreprise et d'un pharmacien). Peu de temps auparavant, le maire de Papara et représentant à l'assemblée de la Polynésie française, Putai Taae, a été, lui aussi, condamné pour "prise illégale d'intérêts et recel d'abus de confiance" pour avoir versé des subventions à l’association Ia Ora Papara, dont il était le président d’honneur. L'affaire Haddad-Flosse, elle, a été renvoyée en septembre, pour la quatrième fois en quinze mois.
Au vu du nombre d'hommes politiques ou de responsables corrompus à Tahiti et dans les îles, on devrait lancer un concours : celui qui trempe le mieux le doigt dans la confiture ! D'ailleurs, souvent, ce n'est plus le doigt, mais le bras entier qui plonge dans le pot… Par contre, côté projets, le gouvernement collectionne les déconfitures, à l'instar du Village tahitien. Ainsi, malgré deux reports de date (le 22 mars et le 6 mai 2019), les investisseurs maoris et le Samoan Frederick Grey n'ont pas concrétisé leur offre. Le groupement Kaitiaki Tagaloa avait pourtant été déclaré lauréat le 13 avril 2018 des six lots d’hébergements touristiques de l'appel à projets sur les seize lots que constitue le projet global et avait signé le 17 août suivant le protocole d’engagement avec TNAD. Le délai ayant expiré, deux prolongations de 45 jours leur ont été accordées jusqu'à la date butoir du 30 juin dernier. Désormais, on attend le plan B de  la Vice-présidence, en charge de la supervision de ce grand projet d'investissement, qui a déjà coûté la bagatelle de 700 millions de Fcfp de frais d'études. On guette aussi des nouvelles de la ferme aquacole de Hao, dont on a fêté, le 6 mai dernier, le quatrième anniversaire de la première pierre inaugurale…

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt